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 Les billets du jour d'icarrouseljp

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michellay




MessageSujet: Re: Les billets du jour d'icarrouseljp    Jeu 20 Avr 2017, 10:15

Super ce billet....merci beaucoup..il a réveillé en moi une multitude de souvenirs...les années de fac ..les 1° voyages...je viens de re écouter son 1° vinyl....et je vais ressortir les autres au fur et à mesure..cela faisait des années qu'ils n'avaient pas tourné!!!...encore
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Perle

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MessageSujet: Re: Les billets du jour d'icarrouseljp    Jeu 20 Avr 2017, 20:46

J-Pierre pour cet hommage à Marcel Dadi.....
ça rappelle notre jeunesse et toujours du plaisir à l'écouter...
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MessageSujet: Re: Les billets du jour d'icarrouseljp    Mer 26 Avr 2017, 11:09

michellay a écrit:
Super ce billet....merci beaucoup..il a réveillé en moi une multitude de souvenirs...les années de fac ..les 1° voyages...je viens de re écouter son 1° vinyl....et je vais ressortir les autres au fur et à mesure..cela faisait des années qu'ils n'avaient pas tourné!!!...encore

Heureux d'avoir été à l'origine de ce regain.....
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MessageSujet: Le billet du jour : 06 août 2014   Mer 26 Avr 2017, 11:19

Le billet du jour : 06 août 2014



Le charme d’antan.

Au 105 de la rue Vercingétorix, une boulangerie affiche sur son fronton, en belles majuscules dorées, « LE MOULIN DE LA VIERGE ». Cette appellation est commune dans le quartier. A proximité on trouve sous la même toponymie, une rue, une citée et peut-être encore d’autres lieux que je ne connais pas.

L’enseigne sonne plaisamment à l’oreille, même si aujourd’hui, on pourrait la considérer comme doublement apocryphe. Pour les moulins, d’abord : il est de notoriété que les seuls qui grincent encore à Paris ne sont plus que les moulins à paroles. Quant aux Vierges Souveraines et autres Dames du Temps Jadis, leurs disparitions hantaient déjà François Villon dès la fin du Moyen Age.

Ici, c’est donc du passé qu’on se revendique. La devanture tient aussi le même discours. Elle semble être restée intacte depuis les élégantes à chapeau de la Belle Epoque.

Quand le matin je monte la rue en bicyclette, toutes les façades impaires sont dans l’ombre. Les boiseries noires soulignent encore plus la lumière intérieure de la boutique, réfléchie par le plafond et diffusée par deux globes en verre orangé, suspendus derrière la vitrine. Mon regard se faufile derrière les belles lettres dessinées sur la vitre. De loin, ça ressemble à un décor de poupée pour jouer à la marchande. Ça a l’air de vous dire « Viens donc ! Qu’est-ce que tu m’achètes aujourd’hui ? »

Quand j’y repasse le soir, un moignon de store orange a été déroulé, chichement. Il n’empêche pas le soleil de venir mélanger, sur le sous-bassement, l’ombre des marronniers avec les reflets de la mosaïque de faïence. Des arabesques ont été peintes sur la laque noire des poteaux qui encadrent la vitrine. Ils délimitent deux hauts rectangles où l’artiste a reproduit, à gauche, une emblématique semeuse, à droite, un moulin carré, juché sur un pivot comme ceux qui jalonnaient jadis la Beauce.

J’ai vite succombé à ce deuxième clin d’œil et j’ai pris l’habitude d’une étape pour acheter, ici, le pain du dîner. De près, les belles lettres en arc de cercle affirment qu’on trouve à l’intérieur tout à la fois : du pain au levain, un four à bois et de la farine de meule. Juste derrière la vitre, trônent trois ou quatre spécimens de ces pains ventrus ou ronds que l’on déniche encore quelquefois au fond des campagnes. A la différence de leurs frères des champs, ceux-là ne sont toutefois pas calibrés pour garnir les panses d’une famille complète, cinq jours de rang. En ville on a moins d’appétit.

On pousse la porte en s’imaginant, gamin en culotte courte, veste à col marin, quelques sous troués au fond de ses poches. L’enchantement est au rendez-vous.

Il commence par vous tomber sur la tête. Le plafond est un quadrillage de grands carreaux de faïence décorés qui enluminent toute la boutique. Il ressemble à ces couvercles peints des boîtes à gâteaux en fer blanc qui régalaient mes grand-mères. Tout ça encadré, en haut des murs, par les frises exubérantes d’une corniche en stuc. Les parties basses, elles, reprennent les faïences ‘RATP’ de la façade mais déclinent cette fois en bleu turquoise les motifs colorés.
Sur la gauche, une cloison s’avance depuis le fond et laisse à peine un passage vers une petite salle attenante, un peu plus large qu’un couloir, et dont on ne sait trop, ni à quoi elle sert, ni à qui elle est destinée. Cette séparation est une grande vitre dépolie, d’un seul morceau, gravée du décor bucolique d’un héron planté dans sa mare au milieu des roseaux.
De grandes plaques de marbre gris, aux multiples chanfreins, déploient leurs veinages sur les socles massifs de deux présentoirs : deux grandes stèles pour offrir à la gourmandise les viennoiseries dorées, à l’abri derrière un paravent de verre.
Au sol, c’est dans un autre vertige que nous entraînent les carreaux de ciment teinté qui répètent leurs géométries de rosaces bleutées.

Ce décor sonne vrai : rien de lisse, rien d’impeccable. Il y a quelques fêlures dans les plaques de marbre et la peinture s’écaille aux saillants des moulures. Des éclats de faïence ont sauté, emportant avec eux d’infimes parcelles de dessin. Jusqu’à la semelle de la chaussure qui parfois accroche sur le bord d’un carreau plus épais.

Pour finir, tout le mur du fond n’est qu’un grand miroir qui double la boutique. Quand on y fait face, on voit dans son dos des voitures imbéciles qui filent comme des traits dans la rue, ignorant tout des délices surannées de cette alcôve.

A l’heure où je m’arrête, il ne faut plus faire le difficile. On prend ce qui reste. Des jolis pains ventrus comme ceux de la vitrine, je n’en n’ai jamais vu à vendre derrière le comptoir.
En fait, invariablement, on ne me propose plus qu’un seul modèle dont deux ou trois exemples esseulés se dressent encore, appuyés contre le grand miroir. C’est une petite baguette que l’on vend ici sous le nom de ‘paresseuse’. En référence au temps qu’elle prend pour faire lever sa pâte.
Quand je dis « on » pour désigner mon interlocuteur, c’est que, d’une fois sur l’autre, j’ai du mal à le reconnaître. Il me semble toujours découvrir une nouvelle physionomie derrière la caisse et la modernité de ce zapping ne cesse de m’interloquer dans ce décor.
Bah ! Si le boulanger accorde à cette ‘paresseuse’ le temps qu’il lui faut, c’est que voilà un homme qui sait encore ce que le bel ouvrage peut exiger de patience !

Au dîner, les yeux sans doute encore éblouis, j’avais l’habitude d’annoncer mon achat à la tablée avec l’emphase du héraut clamant la venue de César : « Le pain du Moulin de la Vierge ! ».
J’avoue qu’au début, je fus un peu vexé du manque d’enthousiasme que ce pain suscitait autour de moi. Je pensais d’abord que sans connaître les charmes de son berceau, il était impossible d’en apprécier pleinement la saveur. Mais après plusieurs fois, je fus moi-aussi obligé de l’admettre : cette baguette ne valait pas tripette.
Cette paresseuse, un peu chétive, ne faisait pas non plus beaucoup d’efforts pour qu’on garde d’elle un souvenir impérissable. Dense et sans relief, sitôt avalée, sitôt oubliée. Au petit déjeuner c’était encore pire. Pour venir à bout de sa sécheresse il fallait de longs efforts de mastication. Cela rendaient encore plus morose ce moment où l’on peine déjà soi-même à se mettre en route. Bref, à la fin, on me fit comprendre qu’1.10 € pour ça, c’était bien cher payé.

Alors maintenant, quand je descends en roue libre la rue Vercingétorix, je tourne la tête devant le n°105 et je me régale toujours les yeux. Mais quand j’entends « Tu m’achètes quoi, ce soir ? » : je passe mon chemin !

Je m’arrête maintenant dans une boulangerie lambda de la rue de l’Ouest. Une boulangerie qui a dû être neuve dans les années 70. Elle s’appelle « Le Bel Epi », c’est plus sobre. Immuablement j’y retrouve le même boulanger, sec et long comme un jour sans pain, le regard plein de fatigue. A cette heure vespérale il se partage entre son four et le comptoir en formica.
Nous avons maintenant nos habitudes.
Quand il s’extirpe de la chaleur de son arrière salle et qu’il me découvre, planté dans sa boutique, le casque sous le bras, ses yeux tristes regardent avec insistance le panier où elles sont rangées.
« Une Madeline ? » me lance-t-il d’un air entendu.
Il a deviné que ce prénom d’un autre âge m’a séduit. Il a compris que cette Madeline est maintenant l’élue de ma maisonnée.

C’est vrai qu’au logis on aime s’enfariner la main en brisant sa dorure craquante. On apprécie les alvéoles irrégulières de sa mie, légèrement bistre. Dans les bouches qui salivent, elle retrouve l’onctuosité du pâton d’où elle vient. De plus, cette reine de la baguette a le bon goût de rester fraîche jusqu’au lendemain matin. Quand il en reste !

Pour acquérir cette belle enfant et ses 250 grammes d’atours, il m’en coûte désormais 1.20 €.

Amis lecteurs, méfiez-vous du charme d’antan. Ça aussi, c’est du concept marketing.


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MessageSujet: Re: Les billets du jour d'icarrouseljp    Mer 26 Avr 2017, 12:07

Et bien à lire ça juste avant de déjeuner, j'en ai l'eau à la bouche.
Qu'est ce que tu nous contes bien et arrives à nous en mettre les images dans la tête.
En te lisant j'ai même senti la bonne odeur du pain frais, comme celle que je sens chaque matin dans ma boulangerie.
Merci J-P et continue à nous conté ces petites vies que tu as côtoyé.
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DAN
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MessageSujet: Re: Les billets du jour d'icarrouseljp    Mer 26 Avr 2017, 19:40

Se fier au cadre d'une boutique, fusse-t-elle une boulangerie, est surtout ce qu'il ne faut pas faire. le résultat est souvent à l'encontre du cadre réalisé ou maintenu à l'état "dit d'antan" pour attirer le chaland qui, s'il n'est pas dupe, n'y reviendra plus, si ce n'est pour se dépanner si d'aventure tout est fermé ailleurs.
J'ai bien aimé ce billet...
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MessageSujet: Le billet du jour : 18 avril 2016   Mer 03 Mai 2017, 17:13

Avis aux lecteurs :
Presque 2 ans se sont écoulés depuis le billet précédent : il y a comme ça des périodes de grande sécheresse!
2016 : une nouvelle vie débute pour moi, celle de la retraite. Voici un tout premier témoignage.

Le billet du jour : 18 avril 2016



Vive le Hurepoix Libre !

Hurepoix. Voilà un mot qui m'a toujours intrigué. Ça sonne guttural, comme un mot qui résiste, qui ne se laisse ni lier, ni contracter. Un mot qui provoque le hiatus dès qu'on l'aborde.
Hurepoix. Ça fait penser aux temps anciens, aux manuels d'histoire de l'école primaire. On le rangerait bien avec les invasions des Wisigoths ou les héritages d'une reine Cunégonde.

Pour le banlieusard de la rive sud de la Seine que je suis, les sentiers du Hurepoix m'ont toujours fait rêver : sac à dos, cailloux roulants sous la chaussure, la brise sur le visage et une mer de vallons pour horizon. C'était un peu ma Possibilité d'une île à moi. Un petit paradis raisonnable, modeste et réalisable, le temps d'une échappée entre parenthèses, un dimanche après-midi.
Mais on le sait bien, dans notre vie si active, les samedis et les dimanches n'existent que pour rattraper ce qu'on n'a pas pu faire les autres jours. Quant à faire du Hurepoix une destination de vacances, vous n'y pensez pas ! C'est trop proche, trop commun, ce serait dévoiler au grand jour son manque d'ambition. Alors, les sentiers du Hurepoix n'ont jamais dépassé dans ma tête le stade réconfortant du conditionnel : je pourrais le faire... si je voulais.

Alors voilà, ce matin du 18 avril, pour la première fois que l'hiver se décidait à lâcher prise depuis que j'avais commencé ma nouvelle vie d'inactif, c'est sans doute pour ça que j'ai eu l'envie impérieuse de photographier des champs de colza. Car où trouver plus près de chez moi qu'en Hurepoix des champs de colza en fleurs ?
Il n'y avait rien de spontané dans cette idée, elle était là depuis quelques temps. Elle attendait juste le soleil pour éclore.

J'ai été vite prêt. Quand on est libre, on part léger : mon appareil photo et son pied, moi et mes chaussures et un petit sac à dos vide pour le décor.
Hop, tout ça dans le coffre, ma clé USB dans son slot – avec le florilège de mes 718 MP3 favoris – et en avant sous le soleil. Huit heures quarante-cinq, roule petite voiture.
Ah ! Nationale 20 chérie, si familière, qu'il était doux de t'emprunter ce lundi matin à contre-flot. Allez-y, amis cotisants. Convergez vers vos labeurs parisiens. Il fait beau, moi je m'envole dans l'autre sens !
Un peu avant Etrechy, j'ai décidé que c'était assez loin et je suis sorti à droite. A moi les départementales !

Jacques Rouxel et Claude Piéplu faisaient dire aux Shadoks : « Dans la marine, quand on ne sait pas où on va, on y va le plus vite possible » . Moi c'est le contraire, quand je ne sais pas où je vais, j'y vais tout doucement, 70 km/h maximum au plus fort des descentes.
Une petite route boisée tournicote en plongeant vers une vallée. Tiens ? C'était quoi ce nuage bleu, au raz du sol dans le sous-bois ? Trop tard, le virage est passé.

Pourquoi « trop tard » ? Quand on est libre, on a le droit de changer d'avis. J'étais parti pour du colza jaune éclatant, mais, des clochettes bleues à l'ombre des ramures, pourquoi pas ?
Demi-tour, remonter un peu et garer la voiture.
J'ai bien campé une demi-heure dans ce versant boisé, à planter mon trépied ici, à le poser là-bas, ou peu plus loin, pour une photo d'ensemble, un premier plan sur ce vieux tronc tombé, couché dans l'herbe comme le Dormeur du Val. Et encore une ici, pour ces milliers de clochettes en uniforme bleu qui montent à l'assaut de la pente sous les feux du soleil matinal.
Et puis j'ai dit : « c'est bien ! ». J'ai décrotté mes chaussures dans l'herbe mouillée et j'ai repris ma petite route à la quête du colza.

Un peu plus loin, voici ma chance. Sur la gauche, un chantier d'abattage : des grumes alignées pour le chargement en bord de route et un chaos de terres éventrées par des ornières profondes au milieu d'un fouillis de branches enchevêtrées, repoussées en tas, à la hâte. Exactement ce que je cherche pour illustrer un projet de manifeste écologique en faveur des arbres.
Re-stop. Re-demi-heure. Le colza n'est pas pressé, il m'attendra bien.

En effet, un peu plus tard, je m'en régale. A chaque fois que mon œil fait clic, je m'arrête et je navigue un peu au bord des champs, à la recherche du bon angle, du bon point de vue. Ce long corps de ferme, tout étiré, qui rampe à l'horizon d'une marée de fleurs jaunes descendant en pente molle jusqu'aux pieds de trois poteaux téléphoniques, en recherche d'équilibre au bord de la route. Pourquoi pas ? Beaucoup de gens pensent que les poteaux défigurent les photos, mais, quand on est libre, on a le droit d'aimer les poteaux, aussi.

Midi, un panneau m'annonce l'entrée dans le village de Brières-les-Scellés. Je laisse la voiture sous la bienveillante protection du clocher de l'église et je traîne un peu le long des murs de pierre éblouissants.

Je quitte le village à pied. Le versant d'en face est un océan de fleurs jaunes ponctué de bosquets qui m'attire comme un aimant. Je remonte par la lisière d'un bois, je trouve vers la gauche un chemin d'exploitation et me voilà bientôt noyé, enivré par le parfum entêtant. Je mitraille le colza sous les feux croisés de mon objectif. Presque en haut du versant, je saisis tout le village, immobile et tranquille, calé au fond de sa cuvette comme un enfant endormi dans son berceau.

Treize heures trente. C'est bien. Je sais que c'est un paradis modeste, j'en ai assez pris, je peux rentrer.

Quinze heures passées. Encore attablé dans la cuisine, je pense à Philippe Delerm et à la délectation avec laquelle il décrit dans ses Plaisirs minuscules le bonheur de la Première gorgée de bière.

Moi aussi ce matin, j'ai savouré à petites lampées, le suc de la liberté.

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MessageSujet: Re: Les billets du jour d'icarrouseljp    Jeu 04 Mai 2017, 11:20

Que voilà bien conté cette journée de liberté. Tu nous fais découvrir cette campagne par des mots qui, dans notre tête,
deviennent des images, d'ailleurs tu les as emmagasinées ces images comme tu nous les as fait suggéré.
En te lisant l'envi me prend d'aller y voir dans ce pays Hurepoix: peut être un jour.
Merci J-P.
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MessageSujet: Le billet de vacances : aux alentours du 20 juillet 2016   Mer 10 Mai 2017, 09:27

Le billet de vacances : aux alentours du 20 juillet 2016




Les burons.

Honte à moi, j'ai vécu 62 ans sans savoir ce qu'était un buron. Pire, j'ai cru remplir ma vie, aveugle que j'étais dans l'obscurantisme de mon ignorance, sans même soupçonner que la terre d'Aubrac avait nourrit de son sein la plus belle invention de l'homme et de la vache réunis : le buron.
Car il faut s'arrêter sur ce plateau, où les pâturages ondoient sans limite au flanc des collines, pour apprendre que les burons sont l'Aubrac et … réciproquement, comme aurait dit Pierre Dac.

Ceux dont l'écho des légendes remplit les brochures, sur les lutrins des Offices du Tourisme, ont fait florès au XIXe siècle. C'étaient ces abris de pierre qu'utilisaient les bergers pendant leurs séjours d'été sur les hauteurs. Ils y confectionnaient le fromage avec le lait de la traite et le conservaient pour les premiers mois d'affinage avant de redescendre dans les vallées pour l'hiver. Le Laguiole : ce fromage qui ne se partage bien qu'avec le couteau du même nom.

Depuis huit jours que je suis ici, j'ai l'impression d'être possédé par le buron.

J'habite buron.
Le gîte que nous avons réservé est un ancien buron. J'ai sifflé d'admiration à l'épaisseur des murs, je suis resté béat devant l'ouverture de la cheminée où l'on peut entrer debout tout entier. J'ai trouvé pleines de charme les solives sinueuses et leur équarrissage approximatif. J'ai trouvé cosy le jour parcimonieux qui, même en plein midi, garde la pièce à vivre dans la pénombre. J'ai été attendri par le bloc de granit, creusé en évier, au fond d'une niche dégagée dans l'épaisseur même du mur.
C'est facile d'être séduit par tout ça quand le buron est labellisé « Gîte de France » et offre en plus : le lave-vaisselle, le micro-onde, la télévision HD et une douche à robinet thermostatique !

Je mange buron.
Visite de la fromagerie de la coopérative « Jeune Montagne » : elle a une exclusivité de production presque complète sur le Laguiole et l'Aligot autorisés à porter haut et fier le sceau A.O.C., gage de l'authentique sans toc.
Hé bien, cette installation moderne n'est en fait qu'un grand buron.
Bien sûr, avec les normes d'hygiène, le carrelage émaillé et l'inox ont triomphé de la terre battue et du bois, mais on nous explique doctement qu'il ne s'agit que d'une transposition des gestes exacts que faisaient les buronniers de jadis. Ouf ! On a eu peur ! L'authenticité est sauve, le dogme ancestral est préservé… même si on vous avoue que, pour la viabilité de la coopérative, il a fallu  aller chercher, chez nos amis les Suisses, des vaches à pis rouges pour soutenir le cheptel Aubrac devenu exsangue.

Je photographie buron.
Le buron est fourbe, il a senti ma faiblesse pour les lumières rasant les vieux murs de pierre.
Celui de notre gîte était-il trop rénové pour me plaire ? Qu'à cela ne tienne, il m'a offert la masure d'à côté, délaissée depuis longtemps. Avec celle-là, il m'a envoûté de rusticité décrépite : peinture écaillée et vitre manquante à la fenêtre du pignon. Il m'a fait tourner la tête avec trois fleurs en équilibre, jaillies d'entre les joints au sommet d'un contrefort. Il m'a subjugué avec une porte voûtée, moitié envahie par un rejet de frêne et s’entrebâillant sur l'obscurité d'une grange mystérieuse. Il m'a hypnotisé en faisant jouer les ombres sur ses cubes de basalte et miroiter la lumière sur les éclats de ses granits.
Le buron est malin, lui et ses frères ont réussi à s'infiltrer sur mes photos de paysage. Ils ont ancré les géométries incertaines de leurs toits de lauzes dans les pentes de cette grande houle d'herbe qui pousse  
ses bosses et déroule ses kilomètres de clôture barbelée jusqu'à l'horizon.

Je parle buron.
Le buron est contagieux. Depuis que je connais ce mot, j'entends ma bouche en prononcer d'autres, du même exotisme régional. Le cantalès, le pastre, le bédélier, le roul : tous les grades de la hiérarchie des buronniers y passent ! Je me surprends même à me gargariser en même temps, et d'estive et de truffade.
J'ai dû faire une over-dose de dépliants dans les Offices du Tourisme ou bien, j'ai trop lu tous ces panneaux explicatifs qu'on assène maintenant aux touristes à chaque tournant des sentiers et des ruelles.

Les mots et les gestes sont sans doute comme les hommes : on attend qu'ils aient disparu pour en chanter la gloire. Je crois que les buronniers du XIXe siècle riraient bien haut en se tapant sur les cuisses s'ils voyaient leurs expressions, leurs habitudes et leurs ustensiles élevés ainsi au Panthéon du patrimoine.

Notre siècle douterait-il tant de son présent, qu'il veuille à tout prix s'assurer de ses racines ? Pourquoi ce qui a été serait-il plus authentique que ce qui est ?

Ne comptez pas sur moi pour répondre à ces questions embarrassantes. Ce n'est pas le sujet d'un billet de vacances. Moi, je voulais juste vous parler des burons.  


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MessageSujet: Re: Les billets du jour d'icarrouseljp    Mer 10 Mai 2017, 19:56

En lisant ce billet du jour ,je me suis instruite Laughing ... J-Pierre.
Prends soin de toi.....
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MessageSujet: Re: Les billets du jour d'icarrouseljp    Jeu 11 Mai 2017, 07:07

Merci Jean Pierre. Un délice à déguster comme l'aligot filant de fromage ...En fait si, le fromage a perdu de sa saveur due à la terre battue, au bois transpirant son odeur, aux mains à la propreté approximative des bergers ... et oui ... le trop sanitaire tue ! Merci Jean Pierre, après demain j'irai saluer les burons et leur conterai cette magnifique prose ... je suis sûre que les loups seront heureux de l'entendre ... chut ! ne pas dire qu'ils rôdent par là !

_________________
 
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MessageSujet: Re: Les billets du jour d'icarrouseljp    Jeu 11 Mai 2017, 09:45

Je ne savais pas non plus ce qu'était un buron, je ne pourrai plus dire que je ne connais pas. QuanT aux cheminées dans lesquelles on tient debout ce n'est pas l'apanage des Burons, il y en a encore une foultitude en Bretagne,celle de mes beaux parents en faisait partie et tout était cuit dans celle-ci, y compris les fameuses galettes au blé noir (sarrasin).
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MessageSujet: Re: Les billets du jour d'icarrouseljp    Lun 15 Mai 2017, 17:28

Jean Pierre à écrit:
Notre siècle douterait-il tant de son présent, qu'il veuille à tout prix s'assurer de ses racines ? Pourquoi ce qui a été serait-il plus authentique que ce qui est ?


Peut être par ce que notre 21ème siècle est trop cleen et ces vies anciennes, qui sont notre passé, nous ramène
à la raison d'être.
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MessageSujet: Le billet du jour : 22 octobre 2016   Mer 17 Mai 2017, 09:04

Le billet du jour : 22 octobre 2016


La route du sud.

Aujourd'hui c'est une journée « voiture ». On a repris la route. Notre route, celle que j'appelle la route du sud. C'est comme ça dans les mariages mixtes ; quand un parigot et une Tarnaise décident de vivre  ensemble. Ça fait partie du contrat, chacun sait que quatre ou cinq fois par an il faudra tailler la route, avaler 700 km pour changer de latitude et trouver encore assez d’appétit pour en ingurgiter autant pendant le retour. Trente trois ans que c'est ainsi et, comme ça ne suffisait pas, ces quatre dernières années on a rajouté à l'A20 familiale, terminus Carmaux, une A75 ludique, terminus Balaruc.

Aujourd'hui c'est A75. Il n'y a pas plus pure comme route du sud. L'A20 dévie vers le sud-ouest, l'A6 s'infléchit vers le sud-est, l'A75 c'est le midi pile : Clermont-Ferrand, Millau, Montpellier. Un itinéraire à trancher la France par le milieu, en toute égalité. L'A75 est occitane, il faut déjà s'engager loin vers le soleil avant de l'entendre chanter. Pour la route du sud, c'est comme dans les livres d'aventure, il faut d'abord épuiser l'introduction et les premiers chapitres avant que ça devienne intéressant.

Il faut d'abord s'extraire du trafic parisien par l'A6, laisser les banlieues grises s'évanouir à l'horizon derrière des premiers plans de hangars et de zones industrielles. Dans la brume sale du matin, les halos des néons tapageurs s'espacent peu à peu ; le magasin IKEA de l'aire de Lisses en est la dernière bouée. On se cale dans son siège, on essaie de se mettre à l'aise. On sait que la France profonde sera bientôt là, sous les roues, qu'on va bientôt prendre sa vitesse de croisière et que ça va durer.

L'horizon se resserre, l'autoroute se faufile, encadrée par les arbres de la forêt de Fontainebleau ; cette fois on a pris le large. L’œil s'accroche au passage sur quelques gros rochers esseulés, en exposition sur le bas-côté. Et toujours, à un moment, le même vague regret qui monte : ce n'est pas si loin, on pourrait venir s'y promener le dimanche.

Nemours s'affiche sur les panneaux. Nemours, ville inconnue. A la fois trop proche et trop lointaine, nous n'y ferons jamais escale. Il aura fallu les malheureuses inondations du printemps dernier pour que je prenne conscience qu'elle était située sur les bords du Loing.

Sortie à droite, A77 : l'autoroute de l'arbre. Cette fois on respire pour de bon, les voitures se font plus rares, la Beauce étale son vide jusqu'à l'horizon, il n'y a plus qu'à enclencher le régulateur de vitesse et laisser rouler. Un chewing-gum pour passer le temps ? Une pause-café contre l'engourdissement ?

A Briare, le souvenir d'une visite sur le pont-canal par un beau jour d'été anime un peu la route. Sans conviction, on essaie de remettre une date sur cet événement. C'est l'année où on a passé 15 jours en août aux Naudins. Aïe ! Le mot fatal est évoqué, ce coin de pré perdu si familier et qu'on laissera cette fois, là-bas sur la droite, à une demi-heure de voiture de Châtillon-sur-Loire. Trop tard, l'esprit est parti et l'année de la visite du pont-canal restera incertaine, dans le brouillard du passé.

130-110 : il a fallu recalibrer le régulateur. L'autoroute a perdu de sa superbe et, aux abords de Nevers, elle ne joue plus qu'aux voies expresses. Aux alentours, les vallons se plissent comme un espoir. On y pressent les frémissements de ces paysages de caractère qu'on attend de retrouver, un peu plus loin vers le sud. Mais c'est encore trop tôt. A Moulins, on abandonne les souvenirs nostalgiques de la feue  nationale 7 pour goûter le pittoresque des routes départementales.

La France profonde est là, elle défile à 90, en banquettes d'herbes folles, en fils barbelés qui courent de piquet en piquet, en petits bois sur la défensive, placardés de « Chasse gardée ».
Quoi ! 70 ! Pour ces trois masures égaillées au bord de la route ! Comment ça ! 50 ! Pour cette rue unique où deux lignées de façades trapues se tassent les unes contres les autres, aveugles pour moitié d'entre elles, derrière leurs volets clos ! Si c'est un samedi, on passe à Saint-Pourçain-sur-Sioule à l'heure de la remballe. Au milieu des cageots et des embarras, on commence à replier les grands parasols, on décroche les robes à fleurs sages qui retournent en procession vers le fond des camions. La départementale continuera toute seule vers Gannat. Désolé, le pittoresque c'est bien, mais  nous, on a encore de la route à faire.

L'autoroute à nouveau et aussitôt, l'aire des volcans d'Auvergne : belle entrée en matière. Vulcain en personne se déplace pour nous accueillir ! Le plus souvent, c'est ici qu'on s'arrête pour un pique-nique dans la voiture ou en plein air, quand le temps le permet. On a si souvent emprunté ce trajet, qu'à chaque aire, c'est un peu comme en visite chez des amis : ah oui, c'était comme ça ici. On retrouve les lieux et les images se remettent en place : la décoration des toilettes, le choix des cafés aux distributeurs, la couleur des tables rondes où l'on s'accoude, heureux de pouvoir être debout, l'instant d'une parenthèse immobile dans une journée en mouvement.

L'autoroute A75 commence au Sud de Clermont-Ferrand, elle attend un peu après qu'on ait franchi la dernière barrière de péage. Hé oui ! L'A75 est frondeuse, elle fait sa Marianne et tire la langue à Cofiroute et aux ASF : ici, automobiliste, tu roules à tes frais de simple contribuable, la route est libre … au moins de taxes.

Clermont-Ferrand est, pour moi, la première halte au pays des souvenirs. J'ai dix ans, je fais du camping en famille au pays des volcans. Je monte en haut du Puy-de-Dôme, j’ascensionne le Pariou comme un explorateur, je grimpe sur les remparts du château de Murol comme un chevalier.
Quarante kilomètres plus loin et cette fois à gauche, vers les monts du Forez, j'ai vingt ans. En vacances avec l'ami Claude, on a laissé la 2CV dans le chemin en contre-bas et on a planté nos tentes dans un pré sans confort au dessus d'un hameau. Le soir on contemple la vallée de la Dore se noyer dans l'ombre, on sillonne à vélo des routes du Livradois et on finit le séjour sous les orages, trempés comme des soupes. C'est bien, ces bouffées de souvenirs, ça occupe l'esprit. Il faut bien passer le temps, la route est si longue.

Elle est longue mais elle n'est plus monotone. L'A75 est une autoroute de caractère ; je dirais même plus, de caractère altier. Elle déploie majestueusement son tracé au milieu des reliefs du Massif central. Elle enchaîne courbes, contre-courbes, viaducs, tunnels, montées haletantes et descentes silencieuses. Justement, on vient de franchir le col de la Fageole. Tu te souviens, l'année où il y avait encore des congères sur la bande d'arrêt d'urgence ? Bien sûr qu'on se souvient et aussi que dans la grande descente qui s'ouvre devant nous, il faudra être attentif, après Saint-Flour, pour ne pas manquer, sur la droite, le viaduc de Garabit. Dans ce sens, on se laisse toujours surprendre. Quand on découvre son élégance vertigineuse, il est déjà presque derrière nous.

A l'aire de la Lozère aussi, on a des souvenirs de neige. On y a pataugé, plusieurs fois, sur ce parking si reconnaissable avec ces blocs de granit mal équarris, dressés en alignement comme des menhirs. Lozère, pierre, désert : peut-être faudra-t-il aussi qu'on s'y arrête un jour, dans ce département si discret, pour savoir à quoi il ressemble. Ça ferait un jalon affectif de plus sur le trajet. C'est le cas de Saint-Chély-d'Apcher. Depuis cette année, qu'on a flâné dans ses ruelles pentues sous la chaleur de l'été, ce n'est plus une ville anonyme. On sait qu'au lieu d'être la sortie n° 33, c'est la porte d'entrée des hauts plateaux de l'Aubrac et de nos souvenirs qui vont avec.

Deux gros tubes de béton traversent un éperon rocheux, c'est le tunnel de Montjézieu ; il nous propulse dans la vallée du Lot. Le regard file à gauche, attiré par un enchevêtrement somptueux de crêtes et de vallées et pendant ce temps, le Lot, au milieu des arbres, s'est glissé sous nos roues sans qu'on s'en aperçoive.

Après Séverac-le-Château, c'est la vallée du Tarn qui s'annonce. Et avec quelle emphase ! La vaste plaine est bosselée de gros massifs boisés, des troncs de cône surmontés de couronnes de roche abruptes : tout un Colorado miniature, made in franchouillard. Le rêve américain, lui, il est bien là, quand défile à la portière le gréement des haubans du viaduc de Millau. Pendant un bref instant, on a cette sensation étrange de rouler entre ciel et terre.

Sans transition, c'est une traversée du désert qui s'enchaîne. Voici le Larzac. Ce grand plateau aride serait définitivement ennuyeux s'il n'était hérissé de rochers fantomatiques et hanté par une légende de notre jeunesse. Gardarem lo Larzac ! Une poignée d'irréductibles paysans gaulois, enragés à vouloir continuer de cultiver leurs terres et propulsés, par l'engouement post-soixante-huitard, sur le devant de la scène d'un Woodstock français et anti-militariste. La Cavalerie et la Couvertoirade élevées au rang de hauts-lieux de la résistance d'une époque épique à l'enthousiasme turbulent. Ma route du sud prend ici un goût de pèlerinage. Encore un peu et à la prochaine aire, j'achèterais bien le Canard Enchaîné !

Le terme de notre voyage approche, il ne reste plus que le dernier grand saut, vertigineux : celui du Pas-de-l'Escalette. Au bout du tunnel, on sort la tête tout en haut d'un gigantesque amphithéâtre de roc. Au delà de cette crête tout bascule : la lumière, les odeurs, la température. On chute dans le méditerranéen, on s'engloutit dans le méridional et les verbes ne sont pas trop forts ! Croyez-vous qu'une autoroute puisse être limitée à 70km/h : ici, oui. La pente et les virages le justifient. Cette descente est un enchantement à chaque fois, une sorte de point d'orgue au voyage. Il n'y a qu'une chose qui ne cadre pas, c'est le nom : Escalette(*). Comme un diminutif enfantin. C'est plus fort que moi, quand j'entends Escalette, je pense escarpolette et cette légèreté d'opérette me gêne, dans ces accords de Verdi.

Tout le reste va très vite. Comme les chevaux qui sentent l'écurie, le chemin n'a plus d'importance. Circulez, il n'y a plus rien à voir. Même à Clermont-l'Hérault, le lac du Salagou tout proche et pourtant invisible, se dérobe à notre convoitise : on le sait si joli dans son écrin de montagnes.
Dans la vallée, la civilisation reprend ses droits et étale ses centres commerciaux. Sortie Montagnac/Sète, au revoir autoroute A75.
Les routes sont bordées de platanes, de roseaux ou de vignes ? Peu importe, qu'on en finisse ! Mèze et Bouzigues, les tables à huîtres rayant l'étang de Thau, passons, passons ! Vite qu'on arrive, qu'on coupe le contact et qu'on déplie ses genoux endoloris.

Voilà, on y est. Bien contents d'être arrivés. Maintenant il faut tout oublier, se vider la tête avant de la remplir des odeurs du sud. Surtout il ne faut pas penser. Penser que dans quelques jours tout recommencera…. dans l'autre sens.




(*)escalette : petite échelle en languedocien.
le terme désignait ici les marches taillées dans le roc pour les chemins muletiers
d'avant les routes.



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MessageSujet: Re: Les billets du jour d'icarrouseljp    Mer 17 Mai 2017, 12:10

Quel talant !! J'ai vu ce que tu voyais en te lisant, surtout que j'ai eu l'occasion de passer par là: du moins jusqu'à Millau.
Mais à mon époque c'était par la N9 qui passe sous le viaduc de Grarabit si ma mémoire est bonne.
Merci Jean Pierre pour ce voyage virtuel et bravo.
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MessageSujet: Le billet dujour : 26 mars 2017   Mer 24 Mai 2017, 09:37

Le billet dujour : 26 mars 2017



L'heure d'été.

Ce matin, elle est venue redonner de la voix, la ritournelle : c'est l'heure d'été, c'est l'heure d'été !
Les journalistes en ont fait des gorges chaudes, à mélanger les heures de plus aux heures en moins. Ils ont joué à faire semblant de nous faire croire que tout ça est compliqué. Depuis quarante ans qu'on le fait, on a quand même fini par comprendre, que pour saluer les beaux jours on dort une heure de moins.

Les grands penseurs de l'époque nous avaient revendu cette vieille idée d'avant-guerre comme s'il s'agissait d'une innovation. Les économies allaient pleuvoir, avec toutes ces lumières qu'on aurait plus besoin d'allumer. J'entends encore le slogan d'alors « En France, on n'a pas de pétrole mais on a des idées ».

Depuis, le changement a mené son chemin, les ampoules à LED font la nique aux kilowatts et les data centers boulimiques prolifèrent à tout va pour conserver jours et nuits, nos milliards de petits chats photogéniques….

Il n'empêche, l'heure d'été est restée et moi, j'aime l'heure d'été.

D'accord, le passage commence plutôt mal : une heure de sommeil volée, c'est désagréable. Mais bon, c'est un dimanche qui en pâtit et on sait bien que le dimanche, déjà d'ordinaire, le temps est élastique. Alors, pendant celui du passage à l'heure d'été, les horaires vont encore un peu plus en pente douce, ils hésitent entre les deux saisons, à l'image des pendules de la maison.

L'heure d'été a mis le pied dans la porte, ça y est, maintenant les beaux jours vont pouvoir rentrer. C'est une sorte d'officialisation que les choses vont aller mieux, un laisser-passer pour l'optimisme.

Évidemment, demain matin il faudra à nouveau se lever dans la nuit, petit-déjeuner sous l’aplomb de la lampe et buter du regard sur l'ombre de son abat-jour qui barre le mur de la cuisine. A nouveau on écarquillera les yeux au travers de la vitre pour percer les mystères du jardin blême, noyé dans des couleurs incertaines.
Mais maintenant, on sait que ça ne durera pas. Pour la deuxième fois consécutive, on va vivre ce plaisir de voir l'aube vaillante nous devancer un peu plus chaque jour. Jusqu'à faire pâlir de honte l'ampoule électrique et jusqu'à ces matins bénis où les raies de soleil, filtrant des persiennes encore closes, guideront nos pas hésitants dans la maison endormie.

J'aime ces journées où l'on entre de plain-pied dans la lumière, mais le cadeau de l'heure d'été que je préfère encore plus, ce sont les longues soirées estivales.

Je vous l'accorde, au 26 mars, elles sont encore loin. Mais justement, c'est une promesse sucrée que nous chante à l'oreille la ritournelle du changement d'heure.
Tu vas les revoir, tes crépuscules interminables qui t'accompagneront jusqu'au chemin du sommeil.
Tu vas y goûter encore, à tes douceurs orangées aux senteurs de tilleuls, si apaisantes sur les brûlures de Juin.

Ne vous y trompez pas, ce billet n'est pas une apologie de l'été permanent. J'ai eu l'occasion, quand j'étais jeune, de vivre seize mois d'affilés sous les tropiques. A la fin, rien ne me manquait plus que les feuilles qui tombent sous la pluie glacée et le givre qui frissonne sous un soleil pâle.

Au fond, ce qui me plaît dans la « ritournelle », c'est qu'on peut croire qu'elle rime avec « éternelle ».

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MessageSujet: Re: Les billets du jour d'icarrouseljp    Mer 24 Mai 2017, 10:37

Encore une fois voilà une prose qui me plait bien.
Pour moi aussi j'aime me lever le matin quand le soleil se lève. L'hiver je l'attends avec impatience.
La vie qui reprend, les oiseaux qui sortent de leur léthargie de la nuit.
Les premiers employés qui partent vers la station de bus ou de métro.
Et pour ça je remercie l'heure d'été.
Merci J-P.
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MessageSujet: Le billet du jour : 14 avril 2017   Mer 31 Mai 2017, 09:51

Ce billet est l'histoire complète de l'origine de mon dernier montage "Un enchantement". Bien sûr j'ai pioché dedans pour rédiger les textes de ce montage. Ceux qu'ils l'ont vu les reconnaîtrons....

Le billet du jour : 14 avril 2017



Un attachement impromptu.

La-Ferté-Saint-Aubin a été célèbre, en son temps, pour ses bouchons sur la nationale 20 à trente kilomètres au sud d'Orléans.. La construction de l'autoroute A71, dans les années 80, l'a peu à peu laisser retomber dans l'anonymat des bourgades de province. A La-Ferté-Saint-Aubin il y a un petit château, modeste. Sa façade de briques et de pierres, un peu décrépie, se tasse en retrait de la nationale.

Pour moi, La-Ferté-Saint-Aubin est, de longue date, une ville d'attaches familiales ; j'y viens en visite ou je m'y arrête pour passer dire bonjour. Ce vendredi 14 avril, ce devait être juste une étape, un point de rendez-vous avec ma fille, avant de continuer, avec elle, notre route jusque dans le Tarn.

Las ! Une vilaine crevaison a grippé la belle organisation avec son fâcheux contre-temps. Nous voilà à La-Ferté avec trois heures à occuper, comme un bateau qui arrive à l'escale et qui se trouve tout marri de ne plus avoir de ponton où lancer son amarre.

« Et si on en profitait pour visiter le château ? » Françoise a lancé l'idée, je la saisis comme une bouée. Pour la première fois, nous franchissons les grilles qui longent la nationale au lieu de les laisser défiler dans un regard latéral et nous jetons l'ancre sur le petit parking. Je l'ai dit au début, c'est un château modeste. Il a sans doute pâti de la notoriété de ses cousins royaux qui jalonnent la vallée de la Loire toute proche. C'est donc sans conviction que je me charge de mon appareil photo.

La visite débute dans le petit bâtiment annexe où s'est installée la billetterie et où l'on nous conseille de commencer, à l'étage, par une exposition de poupées et de jouets anciens. Nous voici bientôt sous les combles ; il faut bien occuper les trois heures.

C'était un piège, l'attachement était là : ces poupées sont des sirènes merveilleuses.

Regards d'angelots, joues rebondies au velouté de pêche, sourires tendres au dessus d'un menton à fossettes, moues lippues, renfrognées sur un caprice, mains potelées qui s'abandonnent : tout y est. Les habits ne sont pas en reste, ils nous replongent dans un passé de rubans et de dentelles, de satins lustrés qui jouent de leurs plis avec la lumière et les couleurs pâles. Chaque vitrine est une mise en scène. On y joue à l'épicière, à la marchande de bombons, à la cuisinière, entouré de dizaine de méticuleuses répliques lilliputiennes des objets d'adultes disposées sur les étagères guillochées de meubles en miniature.
Ces combles sont un grenier à souvenirs. De bulle en bulle, on plonge un peu plus dans les images de jadis. Peu à peu, c'est toute une enfance délicieusement surannée qui glisse sa menotte au creux de vos doigts gourds. Le charme a opéré, vous êtes attendri. Votre regard dur s'est ramolli et c'est un œil de sucre d'orge que vous poserez sur le reste de la visite.

On nous l'a dit en nous vendant nos billets, le château se visite de la cave au grenier et chaque pièce a été l'occasion de reconstituer un peu des univers domestiques d'autrefois. Ne cherchez pas l'ébène précieux, l’acajou signé ou la marqueterie savante, ce n'est pas le genre de la maison. Ici c'est l'humilité et la simplicité qui se mêlent pour reconstruire des morceaux d'hier. Tout cela sonne juste et s'accorde familièrement avec mon imaginaire de l'ancien temps, celui dont les récits de mes lectures et les souvenirs de mes grands-parents se faisaient l'écho.

Dans les fondements, il faut se laisser guider par les voûtes sombres d'un long couloir en respirant l'odeur des caves, de la pierre humide et du salpêtre ; après le cellier, elles vous mèneront à la cuisine.
Dans l'immense cheminée, la cendre froide distille son odeur acide. Une lumière chétive s'écoule des soupiraux, fait luire des alignements de pots en grès vernissés et s'étale sur une grande table de bois ciré où trône une majestueuse balance à plateaux de laiton qu'on appelait, je crois, « Roberval ».
La perspective des disques cuivrés d'une interminable batterie de casseroles peine à sortir ses reflets de la pénombre où se tapit la fonte massive d'une grosse cuisinière à bois ou à charbon. Tout cela n'a plus cours depuis longtemps mais on a l'impression qu'hier encore, ici, on cuisinait.

Sous les combles, c'est pareil. On croirait que les mains calleuses des artisans d'hier viennent de laisser leurs outils sur les établis pour le temps d'un repas ou d'une pause méritée.
Je reste en arrêt devant une série de formes en bois, servant de modèles pour laisser, en creux, leurs empreintes dans des moules à sable et fondre ensuite toutes sortes de socs de charrue, de poulies et d'autres objets dont l'utilité aujourd'hui nous échappe. Même vertige devant une collection de rabots, tous différents les uns des autres. Reste-t-il encore quelqu'un pour savoir à quoi chacun servait et connaître le geste qui en assurait le bon usage ?

Je suis toujours fasciné par cette intelligence industrieuse qui s'est ancrée pendant des siècles dans la matière. Qu'adviendra-t-il de nos savoirs d'aujourd'hui, virtuels et volatiles si, une à une, toute ces racines s'étiolent et disparaissent de notre mémoire ?

Toujours ce même sentiment dans l'écurie. Devant toute une penderie de brides et de harnais où s’emmêlent un fouillis de lanières, d'anneaux, de sangles et de boucles, deux magnifiques selles trônent à l'avant-scène. Bien peu pourrait dire encore qui faisait quoi, du cellier et du bourrelier. Les deux se sont fondus en une seule image, déjà bien floue, comme Castor et Pollux ou Roux-Combaluzier.

Les heures passent et la promenade continue dans cette brocante attachante. Corridors, boudoirs, anti-chambres, tous les recoins sont utilisés pour accueillir une simple panière d'osier posée sur une paillasse, une petite console de bois peinte où ont été placés deux pichets d'étain sur un plateau.
Dans l'embrasure d'une fenêtre, une haute tenture tombe au ras d'une méridienne qui ne semble là que pour attendre l'épaule ronde et blanche de Madame Récamier.
Même dans les pièces d'apparat, les tapis n'ont pas peur de montrer leur trame et les peintures des fenêtre leurs écailles. Dans la salle des gardes, le vieux piano Pleyel dévoile, avec un grand sourire, son ivoire édenté.
Dans la salle à manger, on a dressé la longue table devant la fenêtre pour vous convier à un joyeux repas de famille. Tout le long de la nappe rouge, la verroterie et la vaisselle font pétiller jusqu'au fond de la pièce la lumière qui entre en biais au travers de la vitre.

Ce n'est pas tout, il faut encore aller voir le parc, franchir les douves et aller là-bas, tout au fond, pour profiter du reflet des façades sur les eaux du Cosson. Et aussi jeter un coup d'œil au travers des fenêtres de ces maisons pour enfant qui s'éparpillent sous les arbres. Et puis encore examiner ces vieux vélos rouillés appuyés contre la brique d'un grand bâtiment allongé, faire deux pas à l'intérieur du vieux café qui y a élu domicile et se réjouir la vue du poêle, tassé dans l'angle, du présentoir garni de journaux jaunis, du mur de bouteilles qui préside derrière le comptoir et de ces deux coupes à pied en verre dépoli, qui semblent attendre, encore et encore, qu'un serveur les emmène.

Cette fois, sans qu'on s'en aperçoive, les heures ont vraiment tournées et bientôt, si nous nous attardons encore, c'est nous qui allons être en retard. C'est le moment de tourner le dos au perron et de refermer cette parenthèse en autrefois pour regagner notre voiture hybride. Pour le reste de la journée, je sais que j'aurai encore la tête pleine de mes quatre-vingt photos et de beaucoup d'autres images gentiment désuètes.

Il y a, comme ça, des lieux qui vous conquièrent sans coup férir : juste en vous ouvrant leur cœur.


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MessageSujet: Re: Les billets du jour d'icarrouseljp    Jeu 01 Juin 2017, 07:14

Merci JEAN PIERRE pour cette visite virtuelle que tu nous contes avec talant.
Dommage que ce soit trop loin des sites que nous allons visiter la semaine prochaine
je serai bien allé y faire un tour.
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MessageSujet: Le billet du jour : dimanche 06 août 2017   Mer 09 Aoû 2017, 16:45

Retrouvailles avec un vieux compère.


Ce matin, un événement rarissime, une brève rencontre de quelques minutes, a marqué cette journée d'un souvenir profond qui a réveillé en moi des images lointaines.
C'était à l'heure du café au lait et des tartines, dans la toute petite maison au bord du grand pré, dans cette sorte d'ermitage où nous venons encore de temps en temps, pour nous noyer dans la nature, à trois heures de Paris.

Grand ciel dégagé. La lumière était encore gris-bleue à cette heure là, attendant que le soleil émerge au dessus du coteau et tente de se démêler des entrelacs que forment maintenant les aulnes au bord de la rivière. Comme une grande flaque pâle, les eaux du petit étang reposaient, calmes, derrière leurs bordures d'iris.

Je m'attable toujours face aux ouvertures pour profiter de la vue. Par l'embrasure de la porte vitrée je vois la zone plus claire de l'allée qui s'étend jusqu'au pied des trois bouleaux maintenant devenus des sentinelles géantes et familières, dressées au bord de l'étang.

D'un coup, ce cadre paisible s'est animé d'une trajectoire, celle d'une silhouette rousse trottinant sur quatre pattes. Il m'a suffi d'une forme, d'une couleur, pour que le héros de mes livres d'écolier resurgisse et pulvérise toutes les décennies de souvenirs accumulés par ma vie d'adulte bétonnée.

« Oh ! Regardes, un renard !!! »

Adieu tartines, le lait peut refroidir. Nous voici tous les deux au spectacle, le nez collé contre la vitre, chuchotant et retenant notre souffle comme deux enfants émerveillés.

L'absence de feu dans la cheminée et nos conversations « mezza-voce », étouffées par les fenêtres et portes fermées - pour cause de fraîcheur matinale - , n'avaient sans doute pas entamé la tranquillité des lieux. Abusé par cette normalité, dont il avait peut-être l'habitude, l'animal allait et venait en terrain découvert comme si nous n'existions pas.




Un petit tour vers l'étang, une traversée jusqu'à la haie qui borde la route, un retour vers les trois bouleaux ; passe et repasse, c'était comme à la parade. Tout le temps pour nous de détailler le pelage de sa gorge blanche, son museau allongé, sa gueule surlignée de noir et ce manchon de fourrure beige argenté qui le suivait en flottant. Évidemment, je fis quelques photos.
Entre deux épisodes de petites foulées avec la truffe au ras du sol, il s'arrêtait, figé, tête haute et seules ses oreilles tournaient par saccades, comme des radars furtifs. A chaque fois, nous retenions un peu plus notre souffle dans la crainte qu'il nous découvre et que le charme soit rompu par sa fuite. Je n'avais pas le souvenir que le renard ait eu de si grandes oreilles.




Compère Goupil, je l'ai dit, tu as été le héros de mes livres d'écolier. C'est avec toi que j'ai appris à lire, avec tes amis l'écureuil et la poule rousse. Plus tard, quand est venu pour moi le temps d'endosser l'habit de conteur d'histoires - à l'heure du coucher de mes enfants - j'ai pu constater que tu étais encore d'actualité dans la littérature de jeunesse.
L'humanité a fait de toi une légende. Les troubadours du moyen-âge t'ont mis en scène, La Fontaine t'a présenté comme un de nos semblables. Bouc-émissaire, la vilenie t'a chargé de tous les maux : expert en ruses et fourberies, à toi les rapines, assassin de poulailler ! Toi qui voulais juste vivre…. Jusqu'au sceau de la science qui a scellé ton destin en te désignant « vecteur de la rage ».

A te voir ainsi, fureter si discrètement dans les herbes, j'ai eu envie de te dire « Pauvre Goupil ! »,

Ta ronde autour de la maison t'a mené du côté de la kitchenette et nous, nous avons changé de fenêtre. Comme celle-ci était entrebâillée, sans bruit, je l'ai ouverte un peu plus pour pointer vers toi, sans obstacle, l'objectif de mon appareil photo. Aussi doucement que j'aie pu le faire, tu es quand même tombé en arrêt. Tes deux yeux ont fixé celui de mon cyclope qui te dévisageait et cette photo a été la dernière.




L'instant d'après, toi le carnassier sanguinaire, prêt à toutes les cruautés pour mener à bien tes vils desseins, tu n'étais plus qu'une fuite, une galopade de quatre petites pattes effrayées, poursuivie par un panache affolé. Tu as filé le long de la haie et tu y as plongé au premier espace libéré par les ronces.

D'un coup c'était fini : évanoui, disparu !

Renard a regagné le monde de l'invisible, au plus profond des fourrés et des taillis et à la fin de ces quelques lignes, encombrées de mes mots, compère Goupil a repris un instant sa place dans nos récits et nos histoires.



Dernière édition par icarrouseljp le Jeu 10 Aoû 2017, 14:47, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Les billets du jour d'icarrouseljp    Mer 09 Aoû 2017, 17:17

Et la ce n'est pas un conte, une histoire, mais la vrai vie; un instant de vie que nous sommes certainement jaloux
de ne pas l'avoir vécu avec toi.
Je suis sur que lorsque tu retourneras dans la toute petite maison au bord de l'étang, tu seras à l'affut du moindre mouvement
des herbes ou autres fourrés au cas où Mister Goupil referai sa petite visite.
Merci pour ce partage J-P
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