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 le feuilleton de la Causette, mots de Maud Miran illustrations des graphomagiciens, graphomagettes

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Gy-Maud
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MessageSujet: le feuilleton de la Causette, mots de Maud Miran illustrations des graphomagiciens, graphomagettes   Dim 10 Juil 2011, 08:07

Il était une fois, un matin, tout beau, tout neuf.
La vie se réveille au rythme d'un début de semaine.
Sur les quais les marins dorment encore
d'un sommeil artificiel et lourd
empestant l'alcool bon marché
bu en abondance,
pour noyer les solitudes dominicales du port.



Sur le fleuve, les caravelles bercées par la marée montante
se balancent, paresseuses.
Les coques craquent,
les mouettes crient,
les rats courent.
Dans un vacarme assourdissant les maraîchers
montent leurs stands !
Les barres de fer, sons métalliques,
les toiles en paquets lancées sur les pavés : bruits sourds,
les invectives des hommes,
les femmes s'interpellant
les roues des charrettes,
réveillent les habitants de la basse ville.

Encore endormis, ils avancent
dans le brouillard des mauvais réveils.
Pestant contre ce jour où la foule envahit la place,
contre le mélange des odeurs
de poissons, d'épices, de viandes grillées.
Dans la ville haute, les maisons cossues
des armateurs, des marchands d'esclaves,
dorment encore.
Dans le silence chic et hautain,
des allées aux arbres bien rangés,
des fantômes noirs glissent,
disparaissent par les portes de service.

Dans les faubourgs de la ville :
les bars à filles, aux rideaux à peine baissés.
Le tambour des condamnés roule en écho
dans les rues étroites.
Aux premiers étages,
des maisons serrées les unes contre les autres
les chandelles fumeuses,
dessinent des ombres furtives et pressées :
les commerçants en chemise de nuit.
La voix des femmes houspillent les enfants,
grondent les bonnes.

Un matin d'habitude
dans cette ville portuaire ?
Nul ne se doute des événements à venir.
il des temps, le long des routes et des chemins
des conteurs, des colporteurs d'histoire visitent au hasard de leur fantaisie
ville, village et hameau
leur sac à mots posé sur l'épaule.
Un raconteur marche d'un pas serin vers le grand port.
Ses longs cheveux poivre et sel ourlent
son chapeau noir à large bord.
Ce galurin enfoncé cache ses yeux bleu acier
Sa longue barbe descend sur son gilet.
Sa canne de conteur
au pommeau sculpté un soir d'hiver,
sur les Causses, un soir d'hiver
où hurlaient la burle et les loups
soutient sa marche ...
Les conteurs apportent les nouvelles journalistiques.
Bonnes ou mauvaises.
Inquiétantes, rassurantes.
A la porte des villes,
les enfants, toujours les premiers à les voir
à courir vers eux, à réclamer les histoires,
à souhaiter la bienvenue !

Ce matin là,
l'homme à la canne et au sac à mots sait :
il ne fera pas naître d'étoiles dans les yeux,
l'incrédulité,
l'inquiétude, la peur, les angoisses se liront
sur les visages attentifs.
Ce matin là,
il arrive trop tôt pour l'accueil chaleureux
des petits d'homme.
Il enrage d'apporter les évènements si douloureux....

Le jongleur de mots traîne derrière lui
le bruit terrible et métallique des épées qui se croisent,
des cris des femmes en deuils,
ponctués par le tambour,
annonce de la détonation
sourde du canon,
suivi du crépitement des fusils,
de la clameur des hommes en charge.
Le roi, en guerre à nouveau,
demande des vies jeunes ou vieilles,
pour défendre sa gloire, ses conquêtes,
son orgueil !
Sur la Loire, le soleil miroite ses couleurs du matin,
en camaïeux de rose sur ombres anthracite.
La brise frisonne l'eau sombre.
Dans la maison de maître Pierre, Anne se réveille.
Sur la grand'place de la basse ville, les étales débordent de victuailles
Sur la colline, les maisons bourgeoises s'éveillent aux pas feutrés des bonnes.
Dans le faubourg des mal famés, la justice suit son cours.
Tout est en place, dans l'ordre du quotidien.
Rien, même pas le vent, ne se doute du drame qui se noue.
Seul l'homme au bâton de conteur sait :
Il entend les sabots du cheval noir
celui qui annonce les guerres.
L'homme enfonce un peu plus son chapeau,
histoire de cacher son inquiétude.
Anne, le regard perdu sur la robe ivoire,
cette robe d'un seul jour,
ressent le vide laissé par sa mère.
Elevée par la gouvernante du château,
avec la fille du roi,
elle avait eu une instruction solide.

Elle se souvient de ce jour de promenade, sur les quais bruyants de la Loire :
ce jour où le regard pesant d'un capitaine la fit se retourner!
Ce regard posé sur elle
insistant, inquisiteur.
Ce regard bleu acier,
dur et doux à la fois.
Ce regard de ceux qui commandent.
Emue, troublée,
son attention détournée,
son pied heurta la lourde corde,
endormie sur les pavés inégaux du quai.

Le bras sauveur de Maïwen
lui évita une chute du plus mauvais effet !


Photo de J-Loup

Le Capitaine Yannig s'amusa de la situation,
s'approcha, proposa son aide,
en breton.
Espiègle, Anne répondit en français.
Interrogation, étonnement alternèrent
sur le visage régulier de Yannic.
Etrange, cette jeune fille !
Une robe simple, une cape de laine sur les épaules,
maîtrisant le français, la langue des nobles ?
Il y avait là, à creuser, chercher.
Yannig, rude marin,
téméraire, affrontant tempêtes et corsaires,
rudoyant ses hommes,
désemparé devant la beauté féline d'Anne
désarmé par son sourire,
déstabilisé par ses mots,
éprouva un sentiment étrange, inconnu.
Une chaleur envahit ses joues
tannées par le soleil, les embruns.
Lui, l'audacieux, embrassant sans vergogne
femmes ou catins, rencontrait la timidité.
Furieux, il tourna les talons.
Anne continua son chemin,
suivie par un marin.
Ordre lui fut donné : savoir qui elle était !

" Fille de tavernier,
ayant reçu une éducation de reine, avec la fille du roi.
Parle le français, écrit le latin.
Forte tête, n'hésite pas à monter à cheval en tenue d'homme.
Joue de l'épée, danse à merveille.
Pas une fille pour vous capitaine !

- Pas une fille pour moi ?
Jamais citadelle des mers conduite par des corsaires
n'a cédé à mon opiniâtreté !
Une fille au caractère bien trempé me résisterait-elle ?

- Capitaine, elle a tenu tête au roi
lors du mariage de la dauphine,
refusant de la suivre à la capitale !
Sa respiration sa vie :
le bruit et le silence au rythme des marées
la vie besogneuse du port
Partir à la cours
aux odeurs et intrigues nauséabondes
aurait raison de ................. sa raison.
Réponse au roi !!!

Elle habite, au premier étage
de la gargote de son père
dans la basse ville assez éloignée du port
bien à l'abri des marins saouls et fornicateurs.

- Dés aujourd'hui, je pars à la conquête
de cette forteresse !

- Capitaine, les vents sont contraires, je le sens !
Les idées et sentiments en bagarre dans sa tête,
Yannig élaborait un plan.

Un enjeu loin de lui déplaire.
Jamais, rien, ni personne ne lui résistait.
Cette damoiselle plierait à ses désirs, sa volonté.
Dés le soir, il poserait le premier pion :
rôder vers la taverne de maître Pierre,
se mélanger à la racaille.

- Prête-moi tes habits, les plus crasseux,
ordonna Yannig
- Pourquoi ?
- Pardieu, pour passer inaperçu,
ce soir je pousse la porte de la taverne.
- Le meilleur moyen pour vous faire jeter !
- Comment ?
- Chez maître Pierre, pas de marins déguenillés,
aucune fripouille ou canaille,
que du beau monde !
La belle Anne reconnaîtrait votre regard.
Trop fine, elle n'oubliera pas !
Capitaine, je vous le redis :
les vents sont contraire
Effacez sa silhouette
effacez, je vous en conjure,
Pas pour elle les longues attentes
au port.
- Que sais-tu ?
- Vas sur le port
Ecoute ce qu'il se dit sur cet homme !
-Nul besoin, sa légende se chuchote
de bouche à oreille,
du port
à la basse ville,
jusques vers les beaux quartiers.
Né d'une paysanne ?
D'une noble dame ?
Naissance secrète ?
Mystère !
Breton?
Il en a le prénom.
Belle éducation.
Comme vous, il manie la langue française.
Comme vous, il écrit le latin.
Son épée vite sortie du fourreau,
chicanière et triomphante.
Ses faits d'armes,
son autorité, ses victoires sur les océans
aucune défaites aux creux des lits,
paillasse ou couche bourgeois,
peu lui importe,
tout doit céder à sa volonté.
Rien ne résiste au Capitaine Yannig.
Son regard de conquête acquise
à coup sûr,
s'est posé sur vous !
Dame Anne, méfiez-vous
les oiseaux du matin
chantaient les mauvais présages.
- Serais-tu sorcière ?

- Une sorcière ? Je mériterais le bûcher !
j'écoute et observe. :
le sens du vent, le chant des oiseaux,
les couleurs et la danse des nuages dans le ciel.
Le temps qu'il fera,
les  bonheurs ou drames qui se noueront.
je les perçois en lisant la nature.
Anne, éloignez-vous de cet homme.
L'air est malsain autour de lui !
- Maïwen, la lassitude m'accompagne
depuis le départ de la dauphine.
De croiser le fer avec ce marin orgueilleux,
enjouera ces jours mélancoliques.
Ne te tourmante pas ma fidèle
je ne pourrai aimer.

L'homme au sac à mots pousse la porte de la taverne de maître Pierre.
La salle vide empeste le tabac froid, la bière, le vin, la graisse des voiliers,
en mélange intime avec le reste des effluves des repas mijotés dans l'âtre.
Près de la cheminée, un homme à la corpulence hautaine active les braises de la veille.

Etonné par cette présence matinale, maître Pierre se relève  péniblement !
Son visage aux yeux bleu d'océan calme, taillé à la hache,
marqué par la fatigue, buriné par le chagrin sourit :
Il sait qu'en contre partie du gîte, d'un ou deux repas,
les colporteurs de mots déroulent leurs histoires.

- Bonjour l'homme ! Es-tu là pour quelques temps ?

- Je ne sais. Les mauvaises nouvelles m'accompagnent !
Quelles oreilles attentives accueilleront mes contes ?

- Qu'apportes-tu l'homme ?

- Le bruit de la guerre !
A Angers, le recruteur tire au sort,
peu lui importe l'âge !
Aucune pitié, pas de bienveillance.
J'ai vu,
un vieux cordonier, voûté par les ans
aux mains crevassées par le travail,
bousculé dans les rangs des appelés !
Il suppliait de le laisser finir ses jours,
dans sa rue, à rapiécier les chausses,
à creuser le bois des sabots,
son âge, sa fragilité ne serviraient guère.
Dans ses yeux la peur,
la certitude de ne jamais revenir chez lui.
Le rire infâme du recruteur,
en réponse à ses suppliques,
résonne encore dans ma tête.

- Demain, il sera ici grogne maître Pierre
Veux-tu une soupe bien chaude ?

- Une soupe avec une bière ...

La porte du fond s'ouvre
Maïwen, une chandelle à la main s'avance.
Le visage blème :
aucun mot n'a échappé à son oreille attentive !
Inquiète, elle observe maître Pierre !
Il hausse les épaules,
tisonne le feu  
il ne supporte pas,
le questionnement muet, inquiet de Maïwen !
Aujourd'hui devait être jour de fête chez lui !
Jour des noces de sa fille unique.
Lentement, il se relève, admire
les bouquets faits, posés par Anne,
sur les tables de bois noir, cirées, astiquées par ses soins,
recouvertes de nappes de dentelles bises !
Maître Pierre se souvient ......


De ce premier soir où le capitaine Yannic
débarqua dans la taverne.
Sa préstence, son prestige, sa renomée,
imposérent un silence étonné aux clients de l'auberge.
Rasé de près
barbe et cheveux bien taillés,
uniforme impeccable.
Son regard implacable, hautain
balaya la salle enfumée,
éclairée par les chandelles sur les tables,
le feu dans la cheminée,
dessinant des silhouettes fantômes sur les murs blancs.
L'odeur d'une soupe au lard
mijotant dans les toupines sur la braise,
de la viande rôti,
de la bière et du vin
s'entremélaient à celles âcre
des hommes de travail
fumant et prisant du tabac.

Seuls les pas feutrés d'Anne,
le crépitement de la cheminée,
ignorérent de superbe
cette arrivée.

Le capitaine Yannig et son second
assiègérent la place au centre de la taverne.
Un coup de poing, sur la table
fit trembler verres et assiettes,
tourner les têtes,
froncer les sourcils d'Anne et maître Pierre.

- Ola! donzelle, sers moi
un potage bien chaud,
Je veux de la viande, le morceau le mieux rôti
Cervoise pour mon second,
meilleur vin pour moi !

Anne termina le service d'une tablée,
pris sa viole, joua,
négligeant l'apostrophe de ce goujat !

Furieux, Yannig s'appocha de la jeune femme
empoigna la viole,
cracha les mêmes mots !

Sans sourciller Anne répondit en anglais !
Elle osait s'exprimer dans la langue de son ennemi juré,
de ceux  qu'il combat sans relâche sur les mers !

- Certes, vous n'êtes pas à mon service.
hurla Yannig.
Je pourrais  vous faire couper la tête,
employer l'anglais est un crime !

- Tiens donc ?
Ne le comprenez-vous pas ?

- Tu serais un homme, persifla Yannig
j't'défierais à l'épée.

- Où et quand ? souria Anne

Yannig toisa l'élégante et frêle silhouette,
haussa les épaules, retourna à sa table.

D'un coup de tête discret, maître Pierre,
invita Maïwen, à servir lle capitaine et son second.

Les conversations reprirent,
le brouhaha habituel de la taverne,
monta crescendo,
noyant les notes de musique de la viole.

Un puits de silence, près du capitaine.
Seul le gobelet posé avec force sur la table
cadensait la colère sourde de Yannig.

La cathédrale, les églises de Nantes annonçaient minuit.
Seule une table occupée, dans la taverne de maître Pierre :
celle du capitaine Yannig.
Son second ivre-mort, la tête sur son bras replié,
ronflait à l'unisson de la dernière bûche dans la cheminée.
Yannig, le dos appuyé sur la chaise, les yeux mi-clos,
suivait la danse de la robe d'Anne.
Anne aidait Maïwen et son père
à débarasser les tables.
Le tapage de la porte de la taverne ouverte avec force
brisa cette quiètude d'après les services.
Trois hommes le bas du visage masqué par un foulard,
hurlèrent :
- La recette ou la vie !
Yannig et son second, désaoulé,
brandirent leur épée sortie du fourreau.

Le bruit métallique des armes croisées
glaçait le sang.

L'habileté du capitaine Yannig et de son second
ne compensait pas la supériorité en nombre des agresseurs !
Un froissement de robe détourna l'attention du maître des caravelles.
Il esquiva, de justesse, une pointe d'épée :
Anne, une flamberge tenue à deux mains, se joignait au combat !

- Complètement folle grogna Yannig, en anglais

- Nullement téméraire, répondit Anne. Mettons ces gaillards hors d'état de nuire.
Nous réglerons nos comptes, après !

Un juron s'échappa de la bouche d'Yves le second :
blessé, il s'écroula aux pieds de Maïwen.

L'agilité, l'expérience d'Anne contrebalançaient la lourdeur de l'arme.
Rapide, précise, elle renversa un de ses adversaires.
Il rampa sur ses fesses vers la porte, lamentable et furibond.
S'il se sortait de ce bourbier vivant,
il courberait l'échine
sous les golibets de ses compagnons,
être désarçonné par une damoiselle : quel affront.
Maître Pierre, d'un coup de tisonnier, bien placé, l'assomma.

Inquiète, Maïwen, tout en soignant Yves,
guettait les forces en bataille.
Elle sourit : l'avantage au capitaine et à Anne,
était évident.
L'issu du combat se lisait sur
Le visage grimaçant des deux vauriens.
Un des trois voleurs perdit son arme,
le troisième déguerpit sans demander son reste !


Les voleurs ficelés, Yannig se trourna vers Anne.
Elle aidait Maïwen.
Inquiète, Maïwen pansait la blessure du second du capitaine.
la plaie était profonde,
l'homme avait perdu beaucoup de sang.
S'il passait le cap des prochains jours
il serait tiré d'affaire !
Surpris par la dextérité de la servante
Yannig se posait mille questions !

- Debout, Yves  !intima Yannig

- Non, répliqua Maïwen.
S'il fait quelques pas je ne donne pas cher de sa vie !
Anne si vous me permettez, je l'installerai dans ma chambre
Je dormirai dans la souillarde !

- Maïwen reprocha Anne, il y a un lit près du mien !
Yannig, aidez mon père ...

Dans la chambre confortable de Maïwen,
Un feu réconfortant crépitait dans la cheminée.
Yves ne connaissait pas couche aussi douce,
Habitué à la rudesse d'une planche.

photo d'Alain


- Buvez intima Maïwen la boisson est amère !
Elle atténuera la douleur et évitera l'infection.

- Une bonne rasade de rhum lui fera oublier
sa blessure railla Yannig ...

- Dehors grogna Maïwen ...

Furieux de céder à l'autoritaire servante,
le capitaine tourna les talons :

- Non seulement, sa maîtresse parle l'anglais
manie l'épée comme un homme..
Elle ... elle connait les simples,
soigne mieux que n'importe quel médecin !


Restées seules, Anne s'approcha de Maïwen,
assise près du lit.
Elle devinait le doux sentiment qui naissait.

- Anne ..... ?

- Je sais répondit-elle.
Je me préparerai seule pour la nuit.
Reste auprès de lui !

- Méfiance, Anne, ce capitaine au long court n'apporte rien de bon !

- Tu radotes sourit Anne...

- J'insiste. Je sens les mauvais présages

La lumière tremblotante de la chandelle
ébauchait des étoiles
dans les larmes silencieuses de Maïwen.

Sa main caressait les joues ivoire du second.
Ses lèvres balbutiaient des incantations.
Son corps tendu attendait les heures à venir !
Un combat pour la vie
âpre, silencieux et sans merci
débutait dans cette chambre !

Anne rejoignit son père.

- Il est parti ?

- En payant plus qu'il ne faut.
Sans merci, à peine un au revoir !
Quel rustre aux belles manières !
Anne garde tes distances.
Cet homme n'apporte rien de bon.

- Toi, aussi, comme Maïwen ?
Aucune crainte, Père.
Cet homme m'insuporte.

- Pourquoi n'es-tu donc pas partie à la cours ?

- Père, les complots, les chamailleries des grands,
les quolibets chuchotés derrière les éventails
les intrigues pour plaire au roi,
m'agacent, me fatiguent.
Une année passée à Paris
me suffit bien, j'y ai veillie de dix ans !


Dans la grande salle vide, Anne et son père.
Le balais valsait au tempo des chaises posées sur les tables.
le chiffon humide polisait le sol,
tout enfin prêt pour les premiers clients.
Il était grand temps, pour Anne,
d'oublier cette rude soirée
en s'enfonçant dans un sommeil réparateur.
Avant, elle poussa doucement
la porte de la chambre de Maïwen,
toujours éveillée, peu rassurée.
A l'interrogation muette d'Anne
elle répondit par un haussement d'épaules!
Maître Pierre dédaigna son lit,
Descendit une chaise, s'assit,
posa les pieds sur la table,
les yeux mi-clos sur le feu endormi,
revisita les évènements de la soirée !
Qu'allait-il en sortir ?





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vos bonjours du matin sont mes sourires du jour  (Maud)


Dernière édition par Gy le Sam 20 Déc 2014, 07:09, édité 10 fois
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MessageSujet: Re: le feuilleton de la Causette, mots de Maud Miran illustrations des graphomagiciens, graphomagettes   Jeu 14 Juil 2011, 05:42


Suite n°1


La ouate gris-clair de la brume cocon
s'étirait sur la Loire
s'allongeait le long des rues et ruelles de la basse ville.
Les premiers frissons de l'aube naissante
balbutiaient de timides bonjours.

Chez maître Pierre,dans la chambre de Maïwen,
Le second haletait une forte fièvre,
le délire déraisonnait ses mots.
la force de boire le liquide amer,
proposait par la servante d'Anne,
le quittait au fil des minutes.
Maïwen se leva, écrasée par le chagrin,
ouvrit grande la fenêtre,
découvrit le corps tordu de souffrances.
Avec grande précaution, Maïwen nettoya la plaie
y déposa un cataplasme de simples,
marmona des incantations
accompagnées de signes cabalistiques.
Les heures à venir seraient décisives..

Anne sortait d'un mauvais sommeil,
peuplé de cauchemars.
Des sentiments complexes s'entremélaient,
avec en filigrane, cette question lanscinante :
Le capitaine Yannig
viendrait-il prendre des nouvelles d'Yves,
ou enverrait-il un moussaillon ?

Les nuits s'effacérent devant les jours
Les jours cédèrent aux nuits,
Maïwen sans relâche veillait auprès d'Yves.
Assidu, le capitaine Yannig poussait deux fois par jour
la porte de la taverne.
Il demandait, inquiet, des nouvelles de son second !
Cette constance eut raison de la froideur d'Anne.
Derrière l'autorité, l'orgueil, la goujaterie.
de cet homme se cachait
un trésor de gentillesse.
Les visites s'allongèrent.
Les conversations informelles évoluèrent,
de superficielles devinrent plus personnelles.


Quinze jours, quinze longs jours s'effilèrent
Aucune évolution dans l'état de santé d'Yves.
Epuisée, Maïwen s'endormit.
Elle sursauta au froissement inhabituel des draps.
Les yeux bleu, de l'homme blessé interrogèrent.
- Vous êtes sorti d'affaire soupira Maïwen
Ne bougez pas
Ne parlez point
votre plaie  s'ouvrirait.

Maïwen prit la canne posée près de son fauteuil
tapa trois longs coups.
Anne arriva en courant

Une immense joie un soulagement infini
éclaira son visage.
- J'apporte un bouillon de poule ? proposa Anne

- Juste un bol, trop de nourriture ne serait pas bonne

- Je monte le bouillon, ensuite je me rends au port
annoncer la bonne nouvelle au capitaine.

- Que nenni, la nuit arrive, les rues cachent mille dangers
Envoyez l'apprenti de votre père ...



Photo de Dan



Gael, l'apprenti cuisinier rejoignit le port,
apporta la nouvelle au capitaine.
Yannig abandonna la carré,
se précipita chez maître Pierre,
grimpa les escaliers,
ouvrit la porte de la chambre sans autre forme de procés !
Il  s'arrêta net, confus d'interrompre un moment de tendresse.

- Ne fallait-il pas le plus grand des repos Maïwen ?
ironisa Yannig

- Un baiser soigne autant que la médecine, rétroqua Maïwen
Je vous laisse...

- Yves, heureux de te savoir, enfin, sorti de cette létargie !

- Mon capitaine, je le dois à cette femme.
Dans mon sommmeil, je sentais ses mains soignaient,
j'entendais sa voix sans en comprendre un mot !
Impossible d'ouvrir les yeux, impossible de parler.
Après avoir bu ce liquide infâme, j'oubliais tout.
Quand le prochain départ ?

- J'attends de te savoir sur pieds.
Je ne partirai pas sans toi.
Sauf, si tu désires rester ici près de Maïwen !

- Capitaine, rien ni personne ne me retiens à terre,
Sillonner les mers, combattre les Anglais,
voilà ma vie, ma respiration.

- Maïwen, au caractère aussi trempé qu'Anne,
ne peut que comprendre ton amour de la mer!
Rétablis-toi, nous reparlerons de tout ça
quand tu seras totalement remis.

- Et vous Capitaine ?
Cette forteresse que vous étiez venu conquérir ?

- Une forteresse ?
Pire encore.....
Prendre un anglais sur l'océan, en pleine tempête,
rien plus de  facile, de plus simple,
un vrai jeu d'enfant !
Faire plier la demoiselle ?
J'avance tel un funanbule sur sa corde.
Un combat à fleurets-moucheté.
Un jeu d'échec avec un adversaire de taille !
La reine s'avance entourée de ses tours, de ses fous !
pas une tour de prise,
Le coup du berger ? Pas avec elle !
Fine mouche, la belle.
Une dure bataille à mener,
trouver les meilleurs stratèges,
voilà qu'il me plait.
Le vainqueur ?
Moi ! Sans coup férir !

- Je prédit un pat !

- Jamais !

L'odeur des plantes médicinales,
une douce pénombre
inondaient la chambre de Maïwen.

Yves navigait dans un sommeil réparateur.
Sa présence inutile,
Maïwen rejoignit Anne
dans la grande salle de la taverne.

Le brouhaha coutumier accompagnait
le service du repas de la mi-journée.

Anne fit un signe de tête à sa servante.
Toutes les deux sortirent dans la rue.

- Maïwen, ton visage resplendit.
Je lis le plus beau des sentiments !

- Anne, et vous ?

- Moi ?

- Avec le capitaine Yannig ?

- Faute de croiser le fer, les joutes verbales
animent nos rencontres. Sa volonté ?
Me gagner, me conquérir !
Il mordra la terre, avant moi !  

- Je sens toujours ce vent mauvais autour de lui !
Avancez avec prudence.

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MessageSujet: Re: le feuilleton de la Causette, mots de Maud Miran illustrations des graphomagiciens, graphomagettes   Ven 05 Aoû 2011, 16:20



Suite n°2

Les jours et les semaines s'écrivaient sur le livre de la vie

Les victoires sur les océans de Yannig se chantaient dans les bars
se contaient dans les chaumières et les châteaux.

Seule, Anne restait à conquérir.

Un début d'après midi d'octobre , "Le Fier"
arrimait au port, attendait cette terre non assujettie.
Anne s'approchait de la goélette,
sa robe claire virevoletait à la brise.
Un coup violent entre ses deux épaules lui arrachèrent un cri de douleur.
Son corps inconscient,
allongé sur les pavés,
abandonné aux désirs malsains du marin.
Le sang du capitaine Yannig ne fit qu'un tour
Une colère noire obscurcit son regard clair
Furieux et angoissé il sauta sur le quai.
Entre les cordes et les balots de coton, les sacs de blés,
une course folle.


L'agresseur d'Anne connaissait les rues et ruelles de la ville
Il disparut aux yeux du capitaine.

Furieux et plus inquiet qu'il ne voulait l'admettre, retourna vers les quais.
Anne toujours inconsciente, veillée par Maïwen, gisait sur les pavés.
Le capitaine se penchait pour soulever la jeune femme.
quand un parchemin posait tout à côté, attira son regard.

Une écriture élégante sommait Yannig d'oublier Anne
dans les plus brefs délais.
Un poison habilement distillé dans le corps de la jeune femme,
l'endormirait quelques heures.
Ne pas obéir à cet ordre, signerait
l’arrêt de mort pour la fille du tavernier.
Aucune signature, rien que cette menace !

Un rire mauvais roula sur les quais :
Défier le capitaine Yannig !
Lui donner une raison supplémentaire pour courtiser la belle.

Des sabots claquèrent sur le quai,
Yannig leva la tête :
un cheval ébenne monté par
un cavalier tout de noir vétu.
Une colère sourde durcit les traits
du capitaine :
les armes brodées sur la couverture
étaient celles du Duc de Bryon.
Le regard haineux de l'anglais
défia Yannig !
Un coup d'éperon dans le flan,
l'homme et sa monture disparurent au loin ....

- Maïwen, inutile de soigner Anne
L'effet du poison disparaîtra d'ici peu !
Ta maîtresse connait-elle le ducde Bryon ?

- L'homme à cheval ? Non !
Les anglais,
comme vous,
elle les combat.
L'injonction de sur ce papier
ne me plait guère !
Ne me soucie point !
Anne sera déjouer le mauvais sort !

Délicatement le capitaine Yannig souleva Anne
la porta dans sa cabine.

Les yeux d'Anne à peine ouverts,
la question tomba comme un couperet :

- Connaissez-vous le duc de Bryon ?

- Vous ne pouviez pas lui laisser un peu de temps ? gronda Maïwen

Anne pâlit encore plus :

- Il jure par tous les diables qu'un jour, je serai son épouse !
Je déteste cet homme, arrivait sous une fausse identité à la cours.
Il parle notre langue sans aucun accent.
Un jour d'hiver, lors d'une chasse,
je l'entendit converser en anglais avec son écuyer.
Se sachant découvert, il a fui, toutes affaires cessantes.
Un habile espion anglais.
J'ignorais son retour sur nos terres.
En revanche, je le sais chimiste,
Il pratique la magie noire.
Il fricote avec les sorcières.

- Yves ? appela le capitaine Yannig
Il nous faut savoir où se cache cet anglais.
Qui il fréquente.

- Malin, il déjouera tous les pièges.
soupira Anne
Sauf peut être si .....................................


Au fond de l'auberge, Anne attendait.
Son visage à demi caché par le capuchon de son manteau.
Avec superbe, le duc de Bryon poussa la porte.
Un pichet de vin et un gobelet, posés sur la table !
Le duc s'installa face à Anne.
Son regard avide et triomphant
détailla la jeune femme de pied en cap :

- Ainsi, vous acceptez ma demande ?
Vous savez mes connaissances, ma détermination.

- Quel choix me donniez-vous ?

- Aucun, vous refusiez,
le poison avait raison de votre vie
de celle de votre père et de votre servante !
Ah ! votre servante,
elle sait qu'il n'existe aucune antidote.
Après notre mariage,
il vous faudra vous séparer d'elle !

L'homme se servit, bu lentement
avec un sourire acide et répugnant !

Pas un seul mot échangé !
Anne le visage impassible
regardait son invité boire.
Le pichet vide le duc se leva,
ivre !

Anne souriait à la démarche chaloupée de son prétendant.
La poudre ajoutée par Maïwen dans le vin
faisait effet.
La porte passée,
dans le crépuscule,
le duc de Bryon aperçut le corps de ses sbires
étendus, morts passés au fil de l'épée !
Il comprit le guet apen

Furieux il sortit son épée

- A nous deux l'anglais ! interpella le capitaine Yannig

Le duel fut de courte durée.
Le duc rejoignit dans l'au delà
ses compagnons d'infortune !

- Merci murmura Anne

Sur la joue du capitaine un doux baiser léger comme une brise .....

- Anne, je sais que le moment n'est guère choisi ...

- Je vous arrête Capitaine, de repos j'ai besoin !
J'ignore quel poison, le duc de Bryon a utilisé.
La lassitude emplit mon quotidien.
Maïwen ne trouve pas d'antidote.

- Connaissez-vous son lieu de villégiature en France ?

- Oui ! ?

- Je pars avec Yves et Maïwen. Nous fouillerons de font en comble
sa demeure, à la recherche de ses découvertes !

- J'écris à la reine pour qu'elle vous obtienne
toutes les autorisations possibles. Soyez prudent !
Le duc de Bryon avait des appuits
parmi les gentihommes du royaume.
Des hommes avides de pouvoir,
avec le désir de prendre la place du roi !




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MessageSujet: Re: le feuilleton de la Causette, mots de Maud Miran illustrations des graphomagiciens, graphomagettes   Ven 05 Aoû 2011, 16:36

Suite n°3
Le manoir dominait l'océan,
en haut d'un promontoire.
Les murs noirs comme l'âme du Duc de Bryon
enfermaient un jardin.
La porte principale s'ouvrit :
une femme petite, menue, bossue,
au visage ridé comme une vieille pomme,
Borgne, ses cheveux, gris filasse,
serrés en un tout petit chignon
tout en haut de son crâne,
les accueillit.

Elle connaissait le destin funèbre
du locataire de ces lieux.
Muni du sésame, le capitaine Yannig
Maïwen et Yves découvrirent l'austérité de la demeure.
Pièces presque vides, lugubres et froides!
A l'étage une grande pièce
en son centre une table couverte de parchemins et autres plans.
Maïwen reconnut le château du roi !
Yannig, traduisit l'écriture sèche du duc
Ses mâchoires se durcirent :
il comprenait :
la disparition de l'anglais sauvait
le roi et la reine d'un complot sanglant !

Au fond de la pièce, Maïwen poussa une tapisserie
derrière une porte ......


Maïwen poussa la porte secrète !
Stupéfaite, elle ne put la franchir !
Une odeur de chandelles de suif,
mélangée à celles âcres des poisons
entremêlées au vin doux et liquoreux.
La surprise passée, Maïwen s'approcha
des fioles et autres ballons ventrus.
Sur des étagères de bois brut
une kyrielle de livres,
la plupart en latin
peu en anglais,
certains avec des signes inconnus !

- Maïwen, vas-tu trouver l'antidote pour Anne ?

- Il y a là des mots que je ne peux déchiffrer
Des poisons que je ne connais point !
Des herbes venues de je ne sais où !
Impressionnant !
Je connais la magie blanche mieux que quiconque.
Cet homme me bat et dans la magie noire !
Je chercherai jusqu'à ce que je trouve !

- Crois-tu que la vieille dame pourrait nous aider ?

- Appelez-la !

La vieille dame arrivait à pas menus,
ses sabots et sa canne
résonnaient en trois temps
dans les couloirs du manoir.
Son visage revêche ne sourcilla point
devant la pièce ouverte de l'alchimiste.

- Travaillais-tu avec le duc de Bryon ?
questionna, en anglais, le capitaine Yannig

Un sourire narquois découvrit une bouche édentée.

- Ici, est mon royaume répondit la vieille dame,
dans un français, digne de la cours.
Mon savoir, je le dois à ma mère et ma tante,
toutes deux, brûlées, sur le bûcher pour sorcellerie.
Adoptée, à 12 ans, par le grand père du duc,
parcourant le monde avec lui,
mes connaissances dans les poisons, médecines
s'étoffèrent. J'appris plusieurs langues.
Mon physique peu avantageux gagnait la sympathie
des hommes et femmes de savoir.
Tous m'apprirent ce que je ne savais encore point !

A la mort de son grand père, le duc de Bryon
continua à me protéger. Sa mère assassinée,
son père tombé aux mains de l'ennemi, pendu
un matin de janvier, plantèrent une haine
terrible dans son âme !
Il me garda auprès de lui.
Par gentillesse, par reconnaissance ?
Non, je n'étais qu'un pion pour assouvir sa vengeance.


Quel est le dernier poison utilisé ? questionna le capitaine.

- Une préparation, à base de venin de serpent
D'extrait de plusieurs plantes vénéneuses.
Un poison violent, il suffit d'effleurer la peau,
pour l'inoculer.
Un profond sommeil, si ce n'est la mort
est immédiat.
Ceux qui en réchappent gardent une lassitude,
une morosité morbide.

- Existe -t-il un contrepoison ?

- Non, du moins je ne le connais pas !

- Peux-tu me dire sa formule ? demanda Maïwen

L'unique oeil de la vieille femme scruta
la servante d'Anne. Après une longue réflexion muette :

- Le même sang coule dans nos veines,
notre esprit identique, nous appartenons
au monde des ombres et des spectres.
Viens ! Vous, restez ici.

La porte se referma sur Maïwen et la sorcière


Inquiet, le capitaine Yannig attendait devant la porte close.
Minutes habillées en heures ...
Le jour chassait la nuit.
L'aurore, dans sa folie, arrosait le ciel d'un rose éclatant !
Un bruit de verre brisé eu raison de sa patience.
Il ouvrit la porte, d'un coup d'épaule furieux !

- Sortez ! intima la sorcière

- Le temps presse hurla Yannig, Anne va mourir !

- Non, seule la lassitude grandit. Sortez !

- Yannig laissez-nous je vous prie,
la fiole cassée n'entre pas dans la composition de l'antidote ...
dit Maïwen d'un ton conciliant

Yannig referma la porte.

-Capitaine, Capitaine appela Yves
Regardez !

Le second du capitaine apportait des parchemins,
une écriture, serrée, noircissait les pages.
Sur l'une d'elles une liste de noms :
certains connus de Yannig
Une autre : un plan balafré de flèches d'encre rouge !

Un frisson glacial courut dans le dos de Yannig :
ces feuilles décrivaient
un complot contre le roi
sur le point d'aboutir !

Le moindre détail, la plus petite action,
décrite sur les parchemins
augmentait la colère
du capitaine !

Un plan d'attaque s'élaborait.
Nul besoin de l'écrire.

- Yves, la situation est grave !
Le duc de Bryon et une poignée de nobles du royaume de France,
ourdissent un complot contre le roi.
La mort de l'anglais le précipite.
Le comte de la Pousse Pierre
prend la tête du mouvement.
Il nous faut agir vite.
Maïwen ! Appela le Capitaine
la vie du roi est en danger.
Je pars.
Un de mes hommes reste auprès de vous.
Il vous conduira vers d'Anne.
Quant à la sorcière, la prison l'attend

- Non capitaine, cette femme sous l'emprise du duc,
n'avait d'autre choix que de travailler pour l'infâme.
Aujourd'hui, pour sauver Anne,
elle cherche, élabore un contre poison.
Elle nous sera d'une aide précieuse.
Et ce complot ?

- Le pire !
Pas une minute à perdre.
La mort du duc
déclenche le processus.



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MessageSujet: Re: le feuilleton de la Causette, mots de Maud Miran illustrations des graphomagiciens, graphomagettes   Mer 17 Aoû 2011, 20:01



Chapitre 4

Yannig filait comme le vent.
Avertir Anne de la découverte d'Yves.
Prendre le chemin pour la capitale.
Protéger le roi.
Réunir les fidèles.
Combattre les conspirateurs..

Arrivé chez maître Pierre,
il grimpa vers la chambre d'Anne.
Allongée, son visage de cire s'éclaira d'un doux sourire.
Le coeur du capitaine prit une curieuse accélération.
Pas le moment de conter fleurette,
de reconnaître le doux appel.
En peu de mots concis et précis,
Yannig brossa la situation.

Le regard brillant de la fille du tavernier s'assombrit.
Elle voulu se lever : impossible, la faiblesse augmentait !

- Avez-vous trouver une antidote ? demanda Anne

- Maïwen et la sorcière y travaillent !

- La sorcière ?

- Une vieille femme, bossue et borgne,
sous l'emprise du duc de Bryon,
connait les secrets des plantes, leurs poisons
Elle aide Maïwen à trouver une antidote !

- Je sens mes forces m'abandonner d'heure en heure. soupira Anne

- Il me faut partir.
Tant que la mort de l'anglais n'est pas connue,
le complot reste dans les tablettes.
Après, le processus enclanché, je crains le pire.
En découvrant la liste des scélérats,
le peu de confiance accordée aux nobles de la cours :
évaporée.
Je ne veux confier cette mission à personne.
Anne, luttez encore ! Maïwen ne tardera pas.

-Il vous faut partir Yannig.

Anne restait seule ferma les yeux.
Cette lassitude l'envahissait,
telle une pieuvre.
allongeant ses tentacules,
deversant lentement son poison.

- Maïwen, Maïwen ...

Un sommeil profond l'emporta
aux pays des non rêves.

Maïwen tournait et retournait un manuscrit.
Les lettres, elle les reconnaissait !
Impossible de les lire.
Lasse de chercher, elle posa la feuille sur la table.
tout près d'un miroir.
Maïwen s'immobilisa.
retourna près de la table.
Incroyable,
le texte se lisait dans le verre recouvert de vif-argent ...

- Que lisez-vous ? Auriez-vous trouvé ?

- Oui... Ne perdons pas de temps.
Nul besoin d'antidote.
Prions le ciel pour que nous arrivions à temps ...

Maïwen se précipita vers les écuries.
L'absence d'une présence l'arrêta net.

Elle courut à la recherche de la vieille dame
restée auprès des cornues, fioles et poisons.

- Venez ! intima Maïwen

- Pour aller où ? répondit la sorcière

- Dame Anne, vous accueillera auprès d'elle.

- Non, je reste

- Je ne peux vous laisser.
Vous pourriez avertir le chef du complot.
Suivez-moi !

D'un geste prompt,
la vieille dame accapara un verre,
bu  d'un trait le liquide brunâtre.
Tout doucement, elle glissa sur le sol,
un dernier soupir s'échappa de ses lèvres blanches.




Photo de Dan : le manoir du duc de Bryon


Maïwen appela un des marins restait au château
lui ordona d'emmener la sorcière à Nantes.

Elle retourna vers les écuries
choisit un des chevaux du duc de Bryon
partit au galop vers Nantes  


Arrivée devant la taverne de maître Pierre
Maïwen laissa le cheval au palefrenier.
grimpa vers la chambre d'Anne.
Avec mille précautions
elle déshabilla la jeune femme.
Des larmes roulaient sur le visage de la servante
Anne ne réagissait point,
Une vraie poupée de chiffon.

- Maître Pierre appela Maïwen
apportez de la lumière !
Eclairez le dos d'Anne
depuis le haut vers le bas ... lentement
Ne bougez plus ...
Vous voyez ce petit point rouge, sous l'épaule ?
L'aiguille que le scélérat a planté
quand il a bousculé Anne sur le quai.
Il inocule le poison.
Maître Pierre, il me faut un couteau fin, pointu,
passé à la flamme.
J'incise pour soutirer le mal.
Une seule inconnue :
Quels dégâts aura fait le poison !

- Comment savez-vous ? demanda le tavernier

- Un manuscrit écrit à l'envers,
découvert dans une pièce secrète.
L'anglais expliquait dans les moindres détails,
son futur méfait.
Une chance, cette manie d'écrire ses faits et gestes.
Demandez à une des filles de salle de préparer de l'eau chaude,
des chiffons propres.

D'un geste précis Maïwen incisa la peau,
dégagea l'aiguille plantée en diagonale.
Nettoya la plaie la couvrit des toiles propres
habilla la jeune femme, descendit s'enfermer dans la cuisine
prépara une mixture pour la faire boire à Anne.

...

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MessageSujet: Re: le feuilleton de la Causette, mots de Maud Miran illustrations des graphomagiciens, graphomagettes   Jeu 18 Aoû 2011, 19:48


Chapitre 5

Yannig menait son cheval au galop.
Très vite il arriva à l'entrée de la capitale.
Une cohue dans les ruelles étroites ralentit son allure.
La puanteur des égouts, au milieu de la chaussée,
se mêlait aux cris des marchands ambulants.
Les femmes, chargées de ballots de linge,
jouaient des épaules pour avancer plus vite.
Les ouvriers s'interpellaient,
les enfants couraient après les poules et les chiens.
Les passants, bousculés, vociféraient des menaces
contre ces gamins malveillants.
Des paysans, chargés des légumes, ramassés la veille,
vantaient leurs produits.
Des carrioles venues de Bretagne empestaient le poisson salé.
Il fallait les contourner, tout en croisant d'autres cavaliers.

Les ruelles du faubourg s'élargirent.
Une grande allée, bordée d'arbres,
grouillante d'une foule bruyantes et colorée,
menait au château.

Des gardes armés interdisaient l'entrée.


Les gardes armés interdisaient l'entrée (photo de Dan)

- Halte là ! Personne ne rentre !

- Capitaine Yannig! Voici un laissé- passé écrit de la main de la reine !

- Jamais vu !

- Voici !

Le plus gradé prit le parchemin
se grata la tête, dubitatif !
Il lisait le sceau royal.
Jamais il n'avait eu en main une lettre de la reine.
Yannig observait les alentours :
comment aller au delà de cette barrière d'hommes ?


L'attroupement auprès des gardes grossissait.
Le bourdonnement indigné enflait.

- Que se passe-t-il? dit une voix claire, autoritaire et bien posée.

Une jeune femme, élégante, au port altier,
entourée d'une vingtaine de personnes
s'avançait.

D'un seul et unique mouvement, le brouhaha se tut,
les hommes ôtèrent leur couvre chef,
se penchèrent à demi.
La gente féminine se plia en une grande révérence.
Les gardes saluèrent.

Yannig, peu enclin à ce genre de salutation,
ignorant les codes de la cours, restait droit comme un "i",
hautain comme à son habitude.

- Vous ne saluez point votre reine ? Questionna la jeune femme
Qui êtes vous ?

- Le capitaine Yannig ! répondit le marin.
Les gardes me refusent l'entrée,
malgré le laissez-passer signé de votre main !

- Capitaine Yannig ?! Une connaissance d’Anne ?

- Exact ! répondit Yannig d'une voix ferme et agacée

Une connaissance d'Anne, moi,
une connaissance d'Anne marmonna le capitaine

- Laissez entrer ! Qu'avez-vous à me dire ?

- Madame, je dois vous voir seule !

- Impossible, cela nous compromettrait.
Vous n'imaginez pas à quel point la cours
invente ce qui n'existe pas. Elle nous dirait amants.

- Restons dans le jardin, madame.
Vos courtisans observeront que je ne vous conte pas fleurette.
Ils verront à votre visage que la missive est grave !

- Accordé !... Venez ici jeune homme.


Le château du roi (photo de Dan)

Les courtisanes de la reine observaient,
commentaient la scène.
Les froncements de sourcils de la reine
devinrent étonnement, stupeur.
Son visage, sous la poudre, blanchit.
A l'énoncé des noms des conspirateurs,
la reine chancela, se retint au bras du capitaine.

- Madame, pourquoi une telle émotion ?

- Capitaine deux des hommes nommés
accompagnent en permanence le roi,
un troisième partage ma garde.
La mort de l'anglais, tenue secrète,
laisse un temps pour nous préparer.
Je crains le pire à l'annonce de son décès !

- Madame, ne pouvons-nous pas avertir le roi ?

- Pas un seul moment, sans personne autour de lui !
de son lever à son coucher, sa cours l'entoure ...
Comment l'éloigner un instant ?
Le moindre petit mot écrit passe
par les mains de son secrétaire.
Il est du complot !

- Provoquez une audience !

- Une audience ? Cela demande des jours !
Jeanne .... ma camériste !
Elle approche le roi au repas de midi.
Une lubie de sa majesté
avec, comme idée,
de mettre Jeanne dans son lit.
Elle sert le plat de rôtis.
Ma confiance en elle est totale.
Assez fine, elle glissera un billet
dans la main du roi !

- Cela se remarquera !

- Non, Jeanne, fille de cirque,
recueillie par ma nourrice
connaît la prestidigitation.
Elle amuse le roi.
Les courtisans croiront à un de ses tours.
Prenez mon bras, allons rejoindre
cette basse cours, caqueteuse et conspiratrice.
Trouvons un argument de poids
pour détourner leur attention.

- Inventons mon mariage avec Anne,
votre amie si proche.
Une telle annonce expliquerait votre émoi !

La reine observa Yannig.

- Vous, capitaine ......


- Plaît-il ?

- Nous en reparlerons plus tard !
Donnez votre bras cher capitaine !
Annonçons la fausse bonne nouvelle à ces dames.
Ne bousculons pas nos habitudes !

- Mesdames, le capitaine Yannig,
me fait part de son idylle avec Anne.
Ma soeur de lait.
A la mort de sa mère, ma nourrice l'accueillit
Nous avons grandi, étudié ensemble.
Elle préféra rester auprès de son père
à mon mariage, refusant de venir ici !
Le capitaine Yannig, mon invité d'aujourd'hui !

Après une promenade dans les allées du parc,
le salon de madame reçut ce monde superficiel,
où ragots et rumeurs allaient bon train !


- Madeleine ! Appela la reine sur un ton de reproche.
Mon corset, mal ficelé, me tanne le dos depuis ce matin.
Allons dans mon cabinet privé, vous remettrez en place !
Mes amies, je vous confie le capitaine Yannig,
ne le bousculez pas avec trop de questions intimes !


- Madeleine, murmura la reine
Mon corset ne me fait point mal.
Le capitaine Yannig apporte des nouvelles terribles.
Il nous faut avertir le roi et uniquement le roi !
Voici ce que nous allons faire :

Le repas de la mi-journée battait son plein.
Le brouhaha des voix, verres entrechoqués,
couverts tapant sur les assiettes de porcelaine ,
l'appel des serviteurs enflaient au fil des services.

Les potages servis,
Les ragoûts et autres fricassées, terminés
le roi et la cour attendaient le troisième service :
celui des rôtis, citrons et agrumes !

Jeanne entra,
ses cheveux longs cheveux, ébène,
cachés sous un foulard, noué à l'arrière.
Son corset noir, serrait son corps nerveux,
une grande jupe, à large fond, rouge sombre
ourlée dans le bas d'un large ruban noir,
virevoltait à chacun de ses pas.

Surpris par cette entrée,
le silence se fit dans l'immense salle.

Jeanne se posta devant le roi :

- Jeanne, le temps du repas
n'est pas celui de vos tours !

- Majesté, accepteriez-vous d'être l'acteur principal
de ma nouvelle magie ? répondit Jeanne esquivant la question
Du spectacle grandiose, je vous propose !

Elle n'attendit pas l'accord du roi, frappa des mains,
ordonna que l'on plie les tables,
d'installer le roi au centre de la pièce!
Convia la cour a s'éloigner,
que personne, à part elle, soit auprès du roi ...

Quatre hommes à la peau tannée
apportèrent des feux de bengale
les disposèrent autour du roi à distance respectable.

- Jeanne, hâtez-vous ! s'impatientait le roi

Jeanne alluma les feux de Bengale.
Un rideau de fumée enveloppa le roi et Jeanne.

- Majesté ! murmura t-elle à l'oreille du roi,
tout en tournant autour de lui
Le billet que je glisse dans votre manche,
est de la plus grande importance !
Un complot se trame.
La princpale victime : vous !
Les investigateurs : des proches de la cour !
Soyez seul pour lire !

Les feux de bengale se consumaient lentement
Les spectateurs apercevaient la silhouette rouge et noire tournant autour du roi.
La lumière et fumée disparues
un "oh" d'admiration salua la scène :

Le roi habillé en apparat,
assis sur un trône, orné d'un soleil,
constellé de pierres précieuses.
Une poudre d'or scintillait
dans les cheveux poudrés du roi !

Les applaudissements crépitèrent !

- Que le dîner continue ! tempêta le roi

Les tables dressées, les nappes étendues,
chandeliers ajoutés, allumés,
le ballet des courtisans-serveurs s'activa !

Le huitième service terminé,
les oeufs durs du roi, apportés sur un plateau en vermeil,
signaient la fin des agapes !

- Comte de Pousse Pierre, appela le roi
Une grande fatigue m'envahit !
Un repos inhabituel me presse à m'allonger !
Veillez à ma porte que personne ne rentre

Un "oh" d'étonnement parcouru la salle !
La cour s'écarta pour laisser passer le roi.
Il se dirigea vers ses appartements
congédia gentilhommes et serviteurs !

Une fois seul, il glissa sa main sous la manche gauche de son habit.
Déplia le billet, lut !
Ses yeux lançaient des éclairs de colère !
Ses pas le menaient d'un côté l'autre de la pièce !
Furieux, il échaffaudait un plan d'attaque...

- En premier lieu décapiter la tête du complot :
Eloigner le comte de Pousse Pierre,
lui donner mission au delà des Pyrénées.
Près de Pau, les mousquetaires gris* le neutraliseront.
Aucun nom de cette compagnie ne figure sur la liste !
En revanche, la compagnie des mousquetaires noirs,
gangrenée par le duc de Bryon : à tenir à l'écart.

Agir vite, déplacer les pions avec prudence.
Le marquis de Saint Ambroise de Villesourde,
l'amant de la reine est impliqué !
Ignorait-elle la conjuration ?
Certainement pas avant l'arrivée du capitaine Yannig !
Jeanne, dévouée à ma cause, cachera une fiole de poison
dans la poche de la veste du conspirateur !
A la découverte de ce délit : la pendaison !
Seule issue du procés qui s'en suivra !

Le menu fretin : celui de la cour disgracié en province
celui de la province, enrollé de force, dans mon armée.

Le roi sonna son valet de chambre.
Sur son visage impassible,
les traces rouges de sa fureur supposaient
un malaise !
La cour massée dans les couloirs attendait.

Le roi se dirigea vers son bureau.
Son regard croisa celui de la reine.
Elle comprit que son bien-aimé
vivait ses dernières heures au château.
Sa confiance au Marquis de Saint Ambroise de Villesourde
se métamorphosait en une froide rancoeur  !

Assis à son bureau, le roi manda son épouse.
Son écriture nerveuse esquissait ses recommandations à la reine.
Elle devrait si plier, si elle ne voulait pas connaître
le froid humide de la Bastille !


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MessageSujet: Re: le feuilleton de la Causette, mots de Maud Miran illustrations des graphomagiciens, graphomagettes   Jeu 25 Aoû 2011, 07:11

Chapitre 6

Yannig profitait des derniers rayons de soleil
dans le parc aux allées entretenues,
aux jardins tirés au cordeau,
aux fontaines sans eau.



DAN : les allées du parc


Le roi et la cour,
la reine et ses corurtisanes,
chacun dans son salon,
tenaient  audiance !

Les bruits de fond de la ville,
les derniers travaux de terrassement avant la débauche,
accompagnaient les pas du capitaine !


- Hâlte- là ! interpella une voix grave

Yannig se retrourna.
Devant lui, un homme à la peau cuivrée,
au visage troué par la petite vérole,
aux yeux sombres, remplis de haine !

- En joue jeune homme !

- A qui ai-je l'honneur ? demanda Yannig

- Au comte de Pousse-Pierre !

- Vous ici ? Pas en audiance près du roi ?

- Je venge la mort du duc de Bryon !
Dés mon retour au château, je prends le pouvoir !
Mes hommes m'attendent ....

Yannig tira son épée ...

Le fer croisé attira les promeneurs.
L'habileté et la finesse des coups
du comte de Pousse Pierre,
se heurtaient à la jeunesse, la souplesse de Yannig.

- Comment avez-vous su ? demanda Yannig tout en ferraillant

- Un code, vaurein !

- Lequel ?

- Une missive quotidienne ! Deux jours sans !
Votre présence, la pâleur de la reine
le tour ridicule de sa suivante
Un faisceau de présomptions
Prisionnier le duc ?
ricana, mauvais, le conspirateur.

En guise de réponse l'épée de Yannig
traversa le bras du comte !
Les gardes arrivaient en courant,
relevèrent rudement le conspirateur,
le tirèrent vers le château !
Etonnés par l'absence de réaction,
la lourdeur du corps,
les hommes du roi s'arrétèrent :

Le comte de Pousse Pierre : Mort !

Pour s'assurer de ce décés étonnant,
Yannig s'approcha de la bouche de l'homme :
une odeur d'amande amère s'en échappait :
le conspirateur s'était empoisonné !


- Capitaine ! Le roi vous fait demander.
Il vous attend dans son cabinet privé.

Entouré par la garde royale,
Yannig monta jusqu'au château.

Une effervescence inhabituelle régnait vers les écuries.

Des cris, des injonctions, le hennissement des chevaux,
alertèrent les mousquetaires et les gardes !


- Au feu ! Au feu ! hurla une voix angoissée

La fumée bleue de la paille enflammée
sortait des ouvertures d'une des écuries.
Sans réfléchir, Yannig se précipita
dans la grande pièce,
suivi par quelques courageux.

Ils détachèrent les chevaux affolés.
Seuls, deux périrent dans l'incendie.
Grâce au courage et à l'initiative
des gardes et mousquetaires, aidés par les palefreniers,
évitèrent la propagation du feu aux autres bâtiments.

Une inquiétude assombrit le visage de Yannig !
Que pouvait-il se passer au château ?
Pourquoi ce geste criminel ?
Une diversion ?

Dans les allées du parc, le fer se croisait,
les ennemis du roi plus nombreux
que ceux inscrits sur la liste du duc de Bryon,
se battaient en duel avec les partisans du roi !
Certains gisaient morts ou inconsceints,
ceux aux blessures moins graves
se relevaient et reprenaient le combat.

Les femmes attérées observaient.
Impossible de savoir qui était qui
pour et contre qui !
Les mousquetaires gris, les gardes
arrivaient en renfort prirent la bataille en cours !

Yannig courait vers le château
donnait de la lame à droite, à gauche.
Chaque coup, bien assuré, laissait un cadavre au bord du chemin.

La porte principal béante,
sans gardien ne lui offa aucune résitance.
Plus de pas feutrés ou de notes acides des clavesins,
de rires complices échapés derrière un éventail
susplantés par
Des injonctions,
des hurlements,
des gémissements.
A l'intérieur même de la demeure royal
les béligérants attaquaient.

Yannig ouvrit sans autre forme de procés le cabinet de travail du roi !
La scène qui se jouait dans cette pièce le cloua sur place .

Aux pieds du roi, seul, l'épée au clair,
trois hommes étendus à terre.

- Majesté salua Yannig.
Tout seul pour combattre ?

- Exact jeune homme !
me croyez-vous emprunté ?
Mon maître d'arme m'exerce 2 heures par jour,
depuis ma plus tendre enfance.
Asseyez-vous, ordonna le roi
tout en tapant des mains.

Quatre valets s'approchèrent :

- Retirez ces malotrus, jetez-les dans la Seine !
Vous porterez des lettres de cachets aux familles de ces traitres,
leur signifiant l'exil en province.
Vous, capitaine Yannig, me conterez par le menu,  
cette cabale ourdie contre moi !
Voici, pour vous, une missive de Nantes.
Je n'ignore point que votre coeur bat pour une gente demoiselle.
Je me doute de l'envie, qui vous serine, pour lire les nouvelles.
Sachez qu'elles sont excellentes !
Maintenant je vous écoute !

Quand cessa le va et vient des serviteurs,
que la pièce fut propre,
Yannig exigea la confidentialité.
Face au roi assis dans un fauteuil
recouvert de tissu grenat surfilé d'or,
le capitaine au long cours raconta ses aventures.

- La cour nettoyée de ses célérats,
il nous faut purger la province !
Les mousquetaires partiront chasser les traitres.
dit le roi.
Vous, jeune hommme, l'océan vous réclame !
L'océan ou une femme ?
Je vous redonne votre liberté, demain à l'aube !
Quand ce mariage ?

- Majesté, j'ignore les sentiments de la fille de maître Pierre !

- Anne ? une tête bien faite ,
dure comme du granit breton ! grogna le roi
Refusant de suivre son amie, mon épouse !
La cour murmure votre amour,
vous me dites, ne pas savoir ?
Capitaine, Anne n'est point un de ces anglais  à combattre !
Haut les coeurs, jeune homme ! Déclarez-vous !
La reine désire vous parler avant votre départ.
Je compte sur votre présence, ce soir,  à ma table
au théatre, après les spectacles nocturnes
donnés dans les jardins.
Une pièce se joue, le rôle principal attribué au roi !

Après une salutation protocolaire,
Yannig, guidé par un serviteur,
rejoignit la reine dans son salon .
Une odeur de sueur, de forts parfums,
des nombreuses chandelles allumées et fumantes
giflèrent le capitaine.

Le claquement des éventails ouverts et fermés
à la cadence des confidences chuchotées,
le froissement des robes de soie, les raclements de gorge,
n'effaçaient pas les sanglots de la reine !

Debout, devant une fenêtre, dos tourné,
à ses dames de compagnies, elle regardait la nuit.

- Madame !

La voix grave de Yannig fit sursauter la reine !

- Capitaine, venez près de moi !
Quel rôle a joué le marquis de Saint Ambroise de Villesourde ?

- Un rôle primordial, Madame.
Les précieux renseignements, afin de perdre le roi,
il les tirait de vos confidences.
Je sais votre douleur, je me dois d'ajouter
qu'il fut votre amant par intérêt.

Les traits de la reine se durcirent

- Sa déférence a endormi ma méfiance.
Quelles sanctions prendra le roi à mon encontre ?
Le savez-vous ?

- Aucune Madame. La tristesse, la rancoeur naissante,
l'opprobre de la cour lui semblent suffisantes.
En revanche, il exige les noms de vos suivantes,
mêlées au complot !

- Pas une !
La responsabilité m'incombe,
à moi seule !
J'ignorais cette conspiration !
Parlez-moi d'Anne !
Elle lutte contre un poison !
Fidèle, malgré son refus de me suivre !
Que de fois, j'envie sa vie simple, loin d'ici !
Que de fois, j'approuve sa ténacité à rester en province !
A quand vos épousailles ?

- Madame, ni l'un, ni l'autre ne nous sommes déclarés !


- Quand repartez-vous capitaine ? questionna la reine

- Demain aux aurores;
la cour, ses intrigues,ses faux semblant
m'insitent à prendre le chemin du retour au plus vite !

- Participerez-vous au repas du roi, ce soir ?

- Oui !  Une obligation, plus qu'une réjouissance !
Le roi m'invite aux spectacles des fontaines !
Que de contraintes, de servitudes.
J'approuve le refus d'Anne. Je ne peux que comprendre !

- Quelle amertume, capitaine!
Derrière ce faste, des artistes de grandes qualités,
je leur prédis une renommée, au delà de notre siècle.
Admirez l'architecture de ce château, des jardins.
Ce soir, les jeux d'eau et de lumières effaceront
les atrocités de ce jour, si triste !

- Madame ? Vous pleurez ?
Croyez-vous utile d'entretenir un chagrin
pour un traître ?

- Capitaine, ce mariage, arrangé pour satisfaire
deux familles, ne convient ni au roi ni à moi-même,
la tendresse, lui, comme moi, la trouvons dans les lits adultères.
La trahison du marquis n'efface en rien
les moments heureux  dans ses bras !
L'heure du repas, capitaine !
Prenez mon bras, allons !

- Madame, appela Jeanne une lettre pour vous !

Fébrile, la reine déplia le billet !
Elle reconnut l'écriture vive du marquis de Saint Ambroise de Villesourde !
A la lecture, la reine pâlit, chancela :

- Capitaine, je me dois de vous confier une mission !
.


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MessageSujet: Re: le feuilleton de la Causette, mots de Maud Miran illustrations des graphomagiciens, graphomagettes   Mer 14 Sep 2011, 07:34

Capitaine Yannig,
cette mission vous envoie dans les faubourgs de la capitale,
bas fond où traînent voleurs et assassins,
Jeanne vous donnera des haillons, habillé ainsi
vous seriez détroussé des vos premiers pas !

- Que ferais-je ?

- Une jeune femme, fille des amours illisites
du duc de Bryon et d'une de ses servantes
y habite.
Elle manie cornues et formules chimiques.
Ordre lui est donné :
faire parvenir quelque poison
à l'une de mes suivantes.
Laquelle ? Je l'ignore.
Je mène mon enquête.
A vous, si vous acceptez cette mission,
de neutraliser cette sorcière !

- J'accepte !

- Que ceci reste un secret !
Inutile de mêler le roi à cette histoire sordide !
Où comptez-vous passer la nuit ?

- Auprès de mon cheval, madame !

- Auprès de votre cheval ?

- L'habit ne suffit pas à me cacher !
Une odeur d'écurie camouflera
mon rang !

Le capitaine Yannig s'accorda
quelques heures de repos, auprès de son cheval,
après les festivités royales,
où l'ennui et l'agacement furent ses compagnons.
Yannig enfila les oripeaux donnés par la reine.
Arrivé à l'entrée de la ville, il laissa son cheval
à un garde du château, ami d'enfance d'Anne !

Yannig marchait d'un pas ferme dans la ville,
les bâtisses aux murs lépreux, aux fenêtres sales sans carreaux,
suplantèrent les maisons cossues des bourgeois de la capitale.
Les rues plus étroites, grouillantes d'un monde hétéroclite,
semblaient tout droit sorties d'un roman noir et glauque !
Des hommes, imbibés d'alcool, titubaient entre les murs sales,
apostrophants les catins aux robes retroussées,
aux visages barbouillés de cosmétiques bon marché.
Les voleurs à la petite semaine sortaient des estaminets enfumés,
prêts à commencer leur journée de sale boulot,
entraînant avec eux des gamins mal réveillés, aux pieds nus.

Dans ce capharnaüm de pauvreté,
les pas de Yannig se firent plus hésitants :
il adoptait la démarche incertaine d'un buveur,
il se fondait dans la pègre, des bas fonds de la capitale !

Dans sa tête se déroulait
le plan dessiné par la reine.
Après la maison de la lingère,
il tournait à gauche de la rue,
troisième maison à droite :
quatre étages à grimper.
arrivé devant une porte délabrée,
il la poussa sans frapper :
une jeune femme, au visage vieux avant l'âge,
l'invita, perplexe, à s'assoir sur l'unique chaise bancale.

- Mon prince que venez-vous chercher ?
Vos fausses allures de voyou cache un autre personnage.
railla la fille de la sorcière et du duc de Bryon
- Vous, madame !
- Moi ? Pourquoi donc ?
- Vous savez !
- Alchimiste mais point voyante, je devine sous vos oripeaux
un gentilhomme. Je ne me trompe pas !
Vos mains propres vous trahissent !
Votre odeur d'écurie : un leurre trop frais !
Il manque celle, plus rance, plus vieille,
celle des nombreuses nuits passées près du bétails !
D'habitude, les nobles ........ ou les bourgeois dépêchent leurs serviteurs !
L'affaire serait-elle si particulière ?
Je commence à comprendre !
Un négoce de la plus haute importance ....
Une demande royale !
- Aucune demande, un ordre !
Celui de me suivre !
Le complot ourdi par votre père : un échec !
Une proche de la reine doit venir chercher un poison !
Qui ?
Un rire méphistophélique répondit au capitaine !

- Même sous la torture, je ne répondrai pas !
Je ne vous suivrai pas, monsieur !

D'un geste prompt Yannig
enserra la jeune femme !
Une odeur d'amande amère :
Yannig sentit le poids mort
du corps de la sorcière :
Furieux, il sortit de la pièce, quand un bruit,
un frôlement de robe, l'alerta :
il n'était pas seul !

Yannig se retourna.
Une sihouette se découpait sur le mur.
En un geste prompt,
le capitaine arracha le manteau à capuchon !
Stupéfait, il reconnut la marquise de Saint Ambroise de Villesourde !

- Vous madame ?
Pourquoi ?

- Mon époux, amant de la reine
une situation insupportable !
Son assassinat, bien plus encore !
Je connaissais le complot contre le roi,
je savais cette adresse ...

- Madame, je vous serai gré de me suivre,
sans opposer de résistance.
Il appartiendra à la reine de décider de votre sort.
Elle garde le roi dans l'ignorance de vos projets funestes.

Dés son arrivée au château,
Yannig reprit le chemindu retour
Il comprenait et approuvait le choix d'Anne :
rester loin de cette cour
où médisances, calomnies et conspirations
se partagent avec les faux semblants!

Il lui fallait accomplir un acte hautement périlleux :
dire ses sentiments à la fille de maître Pierre !

Dés son arrivée à Nantes, Yannig se précipita vers le port.
Sa chère caravelle attendait,
brillante, belle, fière, bien entretenue par ses matelots.
L'inspection terminée, il courut chez Maïtre Pierre.
Dans la salle, Anne servait les clients.
Dés qu'elle aperçut le capitaine,
son visage s'illumina.
D'un geste discret, elle signifia à Maïwen de venir la remplacer.

- Anne, que diriez-vous d'une sortie en mer ?

- Capitaine, vous ne sortiriez pas en mer
juste pour votre seul plaisir !

- Exact ! Une armistice signée entre le royaume de France et celui d'Angleterre !
Le roi me demande d'aller en perfide Albion,
de faire un rapport détailler des derniers évènements.
Accepteriez-vous de m'accommpagner pour cette mission ?

- Avec plaisir !

- Départ demain matin !

Aux aurores, Anne, habillée d'un pantalon et d'un pull marin attendait sur le quai
Ses cheveux relevés en chignon, dégageaient son cou fragile !

- Encore plus appétissante pensa Yannig en la voyant !

Les voiles tendues les amarres larguées
le fier vaisseau traversa l'embouchure de la Loire.

La caravelle avançait sur un océan calme.
La journée s'égrenait en manoeuvres habituelles.
Les heures coulaient douces et heureuses.

Le pont de bois brillant de propreté,
maquillé d'or rosé, d'un soir en devenir,
désertés par les hommes du capitaine,
restés seuls,
Anne et Yannig silencieux admiraient
la beauté d'un soleil couchant


Photo de J-Loup

Yannig prit la main d'Anne :

- Inutile de vous dire mes sentiments !

- Superflu de vous partager les miens !
Me proposeriez-vous de vous unir à moi ?

- Oui Anne !

A la proue du bateau un homme et une femme bras étendus
(... euh non,flûte, je me trompe de film ...)

............................
- Voici l'histoire l'idylle
de ma fille avec le capitaine Yannig !
La voix rauque de maître Pierre se perdit dans le silence inquiet de la taverne !

Le colporteur de mots regardait Maïwen pâle, immobile !
Demain le tirage au sort commencerait sur la grande place ...

- Maïwen, montez habiller Anne.
Rien, même pas l'annonce de cette guerre à venir
ne changera l'ordonnance de ce jour !

Doucement la servante poussa la porte de la chambre
La fille de maître Pierre en chemise regardait la ville s'éveiller !

- Fermer la fenêtre Anne
Il est temps de vous habiller !

- Je lis une grande inquiètude dans tes yeux Maïwen
Qu'y a-t-il ? questionna Anne

- De bien mauvaises nouvelles !
Le roi de nouveau en guerre !

- Comment sais-tu ?

- Un conteur venu d'Angers précéde le recruteur.
Votre père demande de ne rien changer.

- Terrible nouvelle Maïwen !

- Votre père désire que cette journé se déroule
comme prévu. Laissez-moi vous habiller !

- Pas de chignon, Maïwen.

- Je n'oublie pas vos recommandations.


Une heure plus tard, Anne arriva dans la salle de la taverne.

Maître Pierre, le capitaine Yannig, Yves, l
le colporteur d'histoires le personnel de la taverne
virent une jeune femme
vétue d'une robe ivoire,
ses longs cheveux piqués de fleurs d'oranger,
offerts par la reine, arrivés hier en fin d'après midi !

La cérémonie terminée, la fête battait son plein,
le repas, copieux, terminé, le conteur entraîna la noce
sur ses chemins de rêves,
faire oublier, un instant, la menace de guerre,
l'angoisse d'entendre son nom tiré au sort,
écarter l'image des femmes aux yeux rougis.

Le soir arrivé,
toutes traces de fête rangées,
Anne et Yannig,
prirent le chemin du port !
Maïwen et Yves regagnèrent leur chambre,
au-dessus de la taverne de maître Pierre.
Le conteur, comme à son habitude, se préparait à dormir
tout près de la cheminée,

- Non ! dit le tavernier
Monte dans une des chambres de l'étage
tu ne dois même plus te rappeler
la douceur d'un oreiller de plumes.
Le sommeil ne viendra pas cette nuit
Je reste ici avec ma solitude ...

Au petit matin, le ciel encore noir de la nuit,
les tambours résonnèrent dans tous les quartiers,
les bourgeois comme les malfamés !
Ouvriers comme riches armateurs,
proxénètes comme les marchands,
très jeune ou très vieux,
tous aptes à servir le roi pour ses guerres !
Les gardes veillaient,
aucun homme ne devait rester chez lui.
Un soleil timide pointait à l'horizon
la place du marché grouillante de monde
murmurait les angoisses du tirage au sort.

Les mères et les femmes des bas quartiers savaient :
pour quelques pièces d'or,
les plus riches vendraient leur place
à leur fils ou époux.

Seuls les matelots en manque de vaisseaux,
seraient appelés !

Le singulier silence retentit dans la ville,
La voix puissante du rabatteur singlait
les noms des tirés au sort.

- Maïtre Pierre !

Anne serra très fort la main de son père !
Elle savait que les plus âgés étaient en première ligne,
servant de bouclier aux plus jeunes, plus gaillards !

- Capitaine !
Laissez moi prendre la place de Maître Pierre.
demanda Yves en carressant le ventre arrondi de Maïwen.
Prenez soin de mon enfant à venir,
si par malheur, cette chienne de guerre
ne me laissait pas la vie sauve !

- Accordé ! répondit Yannig

- Votre place, invectiva le tavernier, est ici,
auprés de votre femme et votre futur enfant.
Yannig, d'une façon ou d'une autre vous perdez votre second
Ma fille auprès de vous n'a nul besoin de la taverne
Je la laisse à Yves et Maïwen !
Je traîne ma vie depuis la mort de ma bien-aimée
La tristesse, ma compagne, m'épuise !


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